ÉCRIRE AVEC L’IA ?
ÉCRIRE AVEC L’IA ?
Une mauvaise question pour des réponses utiles
Résumé : Grand débat de la rentrée dans le monde des livres, un roman qui cartonne (que je n’ai pas lu), écrit (de sources plus ou moins sûres) par l’IA et une question posée à chaque écrivain·e interviewé·e : et vous, vous écrivez avec l’IA ?
L’intérêt de ce débat c’est d’approfondir le sens de l’écriture et de la lecture.
Quand quelque chose est menacé de disparition, on se demande : mais à quoi ça sert vraiment ?
Et ça c’est une vraie bonne question.
Une question que l’on ne se posait pas, même et surtout quand on a été comme moi nourrie par la lecture et l’écriture depuis toujours. La réponse semblait évidente, donc peu explicitée.
Je me la suis posée pour mes livres, mais aussi pour les ateliers d’écriture que j’anime.
Je suis plutôt du genre à m’adapter assez vite à toutes les mutations techno-numériques, c’est mon thème astrologique qui veut ça J. Si je ne trouvais pas cela si barbant côté émotions, j’aurais même pu travailler dans l’informatique ! Ça m’amuse plus ou moins mais ça ne me panique pas et j’apprends assez vite quand je suis motivée. Pour l’instant.
Depuis mon premier « Macintosh » comme on disait dans les années 80, acquis dès sa sortie (je sais, j’aurais dû le garder, c’est devenu culte !), en passant par l’arrivée du Web que je n’ai même pas conscientisée mais absorbée, comme les jeux vidéos, les réseaux et le reste. J’ai toujours été fan d’Asimov, de Wall-e et des robots plus sensibles et empathiques qu’une grande partie de l’humanité.
Et puis l’IA.
Si le coût social, culturel, géopolitique et environnemental, bref existentiel, n’était pas si exorbitant je crois que je l’utiliserai sans réserve, non pas pour écrire ou pour savoir comment cuire des pâtes, mais par exemple pour les fastidieuses recherches que demande tout travail d’écriture tel que le mien ou pour identifier un champignon après deux intoxications notables. C’est marrant, c’est pratique. Mais c’est destructeur.
Alors écrire avec l’IA ? Le seul intérêt me semble être de gagner des sous et du temps, en l’occurrence du temps pour gagner des sous, c’est ce qu’a très bien réussi l’auteur ci-dessus non cité. Tant mieux pour lui, je ne peux pas juger des besoins de chacun, juste demander que ce soit clairement mentionné.
Mais qu’en est-il de la créativité, de l’expression de soi, du témoignage de son ressenti et de son histoire, ou de la jouissance d’inventer une belle histoire ? Et ce ne sont que quelques-uns des prodigieux cadeaux de l’écriture. Même dans mon corps, boosté par les hormones du plaisir et de la création, je ressens ses bienfaits.
Que viendrait faire l’IA dans tout ça ?
Les personnages de mes romans continuent à exister dans ma tête en dehors de l’écriture, comme des amis, ou des connaissances dont je voudrais avoir des nouvelles. Ils me parlent de leur vie en dehors de celle que je leur ai déjà écrite, je les écoute me raconter ce qu’ils deviennent avant d’écrire à nouveau. Je les aime. Même les méchants. Ils m’aident à développer mon empathie. C’est génial. Ce n’était pas prévu avant que j’écrive de la fiction, ce phénomène m’est tombé dessus. Quand j’écris des essais et des articles, ce sont des conférences que j’entends dans ma tête, ou des dialogues contradictoires avec des personnes ayant un point de vue différent. Dans les deux cas, c’est un antidote total à la pandémie de solitude décrite par les psys et les sociologues (que je ne vis par ailleurs pas du tout).
Que viendrait faire l’IA dans tout ça ?
Mais encore : je me réjouis à chaque fois que je rencontre un·e lecteurice qui a aimé mes livres au point de raccourcir un temps de sommeil précieux, une vraie personne encore inconnue qui prend le temps de m’écrire ou d’écrire un commentaire et, quand c’est possible, l’échange, les résonnances, les critiques constructives, les questions qui nourrissent mon imagination pour la suite.
La lecture d’un livre est une rencontre d’âme à âme entre un·e auteur·e et son lectorat, je le vis aussi en tant que lectrice, je me suis sentie plusieurs fois tomber en amour avec tel ou telle écrivain·e.
Le sentiment profond d’une rencontre.
Que viendrait faire l’IA dans tout ça ?
Ainsi vous pouvez être sûr·es d’une chose, « Seuls au monde », la suite de « Mauvais Genre », qui sort le 25 février 2027, mais aussi tous mes autres livres, ne contiennent aucun passage écrit par l’IA.Par contre des heures et des heures - des jours - de travail de lecture, de relecture et de recherche en plus de l’écriture, oui. Et vous, écrivain·es ou lecteurices ou les deux, vous en pensez quoi ?
En attendant, et même si vos messages personnels me touchent beaucoup, j’ai besoin de vous (ou de Vincent Bolloré au choix J) pour soutenir mon écriture par un commentaire positif, par exemple pour Mauvais Genre si vous l’avez aimé.
Sur Babelio : https://www.babelio.com/livres/Sibille-Mauvais-genre/1927325 À copier-coller sur tous les sites en ligne, par exemple celui de la FNAC, le changement d’éditeur les a tous fait disparaître … : https://www.fnac.com/a22025088/Claire-Sibille-Mauvais-Genre
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Une offre de fin d’année arrive bientôt pour fêter l’arrivée du prochain et lire le premier avant le second, c’est toujours mieux … |
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