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D'UNE ÉCLIPSE À L'AUTRE : 11 août 1999 - 12 août 2026

par Claire Sibille

D'UNE ÉCLIPSE À L'AUTRE : 11 août 1999 - 12 août 2026

 

Résumé : Le 11 août 1999, j’étais à Étretat, sur les falaises, avec des milliers d’autres personnes. Cet événement, qualifié d’historique car survenu juste avant l’an 2000, m’a marquée. Et, à quelques jours de tenter de me frayer un passage vers l’Espagne pour celle du 12 août 2026, 27 ans après, pour partager si possible cette expérience avec mes enfants, je vais tenter de dire pourquoi.

J’ai des images très précises de cet événement, des images gravées dans ma mémoire et pas sur des photos. Pas de portable à l’époque, et pas de réflexe de vouloir fixer le temps plutôt que de le vivre. Mais j’ai quand même des écrits, et la presse du jour, précieusement conservée.

Qu’est-ce qui nous avait motivés mon compagnon et moi pour faire le long voyage ? Nous étions déjà dans le Béarn, mais Étretat en Normandie s’est imposée, comme à un autre moment, en 1996, la nécessité de faire le Chemin de Saint Jacques de Compostelle. Tout de suite d’accord sur tout, c’est le signe pour nous de quelque chose à ne pas manquer. Il y a eu d’autres épisodes aussi marquants de ce genre …

Nous sommes donc partis comme nous partions à l’époque, sacs, tente, nuit à la belle étoile, peu importait. De toute façon, comme aujourd’hui en Espagne, tout était complet depuis longtemps, car l’anticipation n’était pas notre fort.

J’ai vécu ce jour/nuit-là une expérience totale, sensorielle et émotionnelle, d’aucuns diraient spirituelle. Certains en sont si marqués qu'ils deviennent chasseurs d'éclipse.

Elle m’a bouleversée.

Je revois encore la beauté des falaises et de la mer, les cris des centaines d’oiseaux marins, le ciel clair, la lune s’approchant, et, d’un seul coup, tous les oiseaux se rabattant sur la falaise, comme un avertissement, alors que les groupes humains étaient encore en train de bouger, de parler. Ils étaient prêts bien avant nous. Alors, impressionnés par ce mouvement unanime, les gens se sont tus et le silence nous est tombé dessus en même temps que la nuit en plein jour.

Assez vite après, des groupes ont recommencé à chanter, crier, mais je garde en moi ce moment de silence et de nuit parfait.

Le cœur de cette expérience concerne l’humilité face à la nature, la nature cosmique en l’occurrence, considérée dans notre pensée rationnelle comme non vivante sauf à étudier la mythologie, ce que j’ai fait durant de nombreuses années. L’humilité de se sentir un grain de poussière face à un infini apaisant, incompréhensible mais porté par la beauté et l’amour. L’harmonie des opposés si vous préférez. L’humilité de se sentir appartenir à un tout immense. Cette humilité nous manque aujourd’hui, en particulier aux personnes qui pensent diriger le monde, et qui dirigent ou détruisent, c’est vrai, la vie de nombre d' êtres humains, et d'êtres vivants non humains.

La lune, satellite de la terre, ni planète, ni étoile, humble bout de caillou magique aux pouvoirs extraordinaires si on veut bien s’y plonger, réussit pendant un temps à masquer le roi soleil, arrogant et tout puissant, mais indispensable à la vie.

Pourquoi ? Comment ?

Une chose amusante et déjà magique, c’est que la lune est 400 fois plus petite que le soleil, mais aussi 400 fois plus proche de nous ! Vous ne trouvez pas ça incroyable ? Je l’espère. Je vous espère capable de cet émerveillement car il est une ressource essentielle en ces temps de catastrophes à répétition. Cela me rend triste de voir que dans trop d’articles et de commentaires ce fait extraordinaire apparaît comme une simple coïncidence.

La lune s’éloigne très lentement de la terre et donc, un jour, les éclipses totales n’existeront plus. Profitons-en tant que c’est possible J.

Marqués par la mythologie gréco-romaine, nous associons souvent la lune au féminin et à ses cycles, et le soleil au masculin. Or dans de nombreuses mythologies, par exemple au Japon pour n’en citer qu’une, c’est l’inverse. Ils peuvent être amants mais aussi frère et sœur, l’essentiel étant qu’ils symbolisent l’équilibre des polarités, quel que soit le genre bien entendu. Le moment de l’éclipse symbolise donc l’union parfaite de ces deux énergies créatrices et le renouveau possible.

Je garderai pour moi les cadeaux de l’éclipse de 1999, mais il y en a eu, et je vous en souhaite pour celle de 2026 si vous avez l’occasion de la voir.

 

 

Éclipse Étretat Normandie 11 août 1999

Éclipse Étretat Normandie 11 août 1999

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LE DÉLUGE, UN LIVRE À LIRE AU COIN DES FEUX …

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre ! , Ecothérapie , Fiction

LE DÉLUGE,

UN LIVRE À LIRE AU COIN DES FEUX …

Chronique littéraire et intime

Résumé : Le Déluge de Stephen Markley fait partie des livres dont je me demande pourquoi je ne les ai pas lus plus tôt, la traduction française date de 2024, jusqu’à ce que je comprenne pourquoi il fallait que je le lise à ce moment-là.

Ce moment-là, c’est l’année 2026, celle où même les français les plus adeptes du déni, les plus accrochés à l’ancien monde du consumérisme effréné de certain.es au prix de l’esclavage effréné d’autres, ont du mal à tenir leurs arguments face au cycle inondations-sécheresse-canicule-mégafeux qui ravage notre pays.

La fin de notre monde n’est plus celle d’un ouragan lointain ou de méga-feux en Californie ou au Canada.

Elle est là, tout près, visible et sensible à l’œil nu.

Cela fait des décennies que je milite pour la protection du Vivant et la prise de conscience de la destruction de la planète au profit de quelques privilégiés avides et surpuissants que les gouvernements laissent faire pour des raisons diverses, depuis la plus basique des corruptions, jusqu’au chantage à l’emploi, en passant par le court-termisme, la puissance de la force d’inertie, et, pour les plus humanistes, la multiplicité des enjeux, guerres, famines, catastrophes climatiques, violences faites aux femmes et aux enfants, explosion des racismes …

Où mettre la priorité quand tout se délite ? C’est la même question que se pose un médecin face à un corps usé à bout de vie, dont tous les organes disent stop en même temps.

Alors la société stagne (ou presque) et les écolos dans mon genre alternent des phases de lâcher-prise, la vie quotidienne est déjà assez compliquée comme ça, et de crises militantes avec décisions radicales comme devenir végétarien, ne plus tolérer le plastique même si ça fai(sai)t rire les marchands jusqu’à il n’y a pas si longtemps, manifester, participer et soutenir le plus d’associations possibles, la plus ancienne étant Greenpeace que mes parents soutenaient déjà quand j’étais petite. Cela fait aussi longtemps que j’écris des articles, des chroniques, et que je mets cette conscience dans mes livres aussi.

Car l’écriture et la lecture restent, même dans notre univers numérique, de remarquables outils de prises de conscience et de croissance intérieure, d’où l’importance de ne pas les déléguer à l’IA.

Dans ce parcours, beaucoup de livres ont été des jalons de prise de conscience, de motivation renouvelée, de vision plus complexe des enjeux, j’en ai fait l’écho dans diverses chroniques. La plupart du temps c’était des essais, et parfois des dystopies.

Mais cela fait assez peu de temps que des romans s’emparent de ce sujet sans en faire une dystopie ou un livre de SF, ces histoires auxquelles personne ne croit vraiment, aussi peu qu’aux requins mangeurs d’hommes et aux dinosaures réssucités.

Le Déluge fait partie de ces fictions transformatrices. Juste un roman du présent avec un peu d’anticipation. Crédible. Trop crédible.

J’ai vécu une expérience assez incroyable en ce mois de juillet 2026, que je n’aurais pas vécu aussi fortement en 2024. Au fur et à mesure que j’avançais dans ce pavé de plus de mille pages, je voyais se dérouler le contenu du livre dans l’actualité. À certains moments forts c’était irréel, je ne savais plus si je pleurais pour les millions d’animaux morts dans les feux, pour les personnes effondrées devant leur maison brûlée, pour les pompiers en burnout, ou pour un chapitre particulièrement poignant du roman.

Le Déluge est un roman extrêmement bien documenté sur le plan scientifique, 10 ans de recherches pour l’auteur qui est aussi journaliste, et très bien écrit. Les nombreux personnages du roman représentent chacun un profil type de notre société, mais jamais caricaturaux. Le roman démarre en 2013 et se termine dans les années 50 et on y croit, parce que le travail d’imagination créatrice et d’anticipation de l’auteur est en train de se dérouler sous nos yeux. Non seulement la catastrophe écologique, la destruction du Vivant, les migrations de personnes acculées, mais aussi la puissance des lobbies des énergies fossiles, la montée des extrêmes, et en particulier de l’extrême-droite, les explosions de violence, les guerres de survie, de territoire, les hommes et femmes politiques tristement accroché.es à des enjeux d’égo, de pouvoir, de richesse ou, pour les meilleur.es, rendu.es impuissant.es par la force des lobbies et celle des masses manipulées par les réseaux.

Chaque personnage est fouillé, non seulement dans son rôle politique, social, scientifique, mais aussi intime et personnel. C’est une des grandes forces de ce livre de développer chaque personnage comme si il ou elle était le héros ou l’héroïne central.e du roman.

Anecdote. Je me rappelle qu’une professionnelle à qui j’avais confié la lecture d’un de mes romans m’avait dit qu’il y avait trop de personnages développés, que la lectrice ou le lecteur ne pouvait suivre qu’un ou deux personnages dans un livre. Et dans mon roman il y en avait six dont j’avais nourri l’histoire et la personnalité. Là il y en a au moins trente … J !

Et je vous dis : foncez !

Ce qu’un livre apporte et que n’apporte rien d’autre c’est la possibilité de plonger pendant des jours dans un univers qui va se déployer dans notre cerveau avec nos images (contrairement aux séries ou aux films), nos sensations, et c’est en cela qu’il peut être un média essentiel de transformation intime et politique.

Revenue sur terre à la fin du livre, j’ai mis des jours à me défaire de ce sentiment de continuité entre le livre et la réalité qui se déroulait sous mes yeux.

L’auteur n’amène aucune réponse définitive mais beaucoup de solutions possibles et accessibles, et même un programme politique de dernière chance formidable, je voterais sans hésiter pour celle ou celui qui oserait le proposer !

 

Et reste une seule question lancinante :

Dans quel monde vivons-nous, dans quel monde voulons-nous vivre,

Quel monde voulons-nous pour nos enfants,

Et quel prix sommes-nous prêts à payer pour cela ?

Les post-its montrent à quel point ce livre m'inspire !Les post-its montrent à quel point ce livre m'inspire !

Les post-its montrent à quel point ce livre m'inspire !

Dans le même genre, mais beaucoup plus court, trois images pour présenter une bd qui reprend un roman. Les deux sont formidables.
Dans le même genre, mais beaucoup plus court, trois images pour présenter une bd qui reprend un roman. Les deux sont formidables.
Dans le même genre, mais beaucoup plus court, trois images pour présenter une bd qui reprend un roman. Les deux sont formidables.

Dans le même genre, mais beaucoup plus court, trois images pour présenter une bd qui reprend un roman. Les deux sont formidables.

Annonce à mes abonné.es : Cet automne mon blog se transformera en newsletter. Pourquoi ? Parce que le blog, même en étant en premium, n'est plus assez protégé des spams. La seule solution serait de rendre le blog uniquement accessible avec mot de passe ce qui n'a aucun sens. Je suis donc en train de travailler à ce transfert et vous serez prévenu.es par ce biais. Une fois la newsletter lancée, vous n'aurez rien à faire, et vous pourrez bien sûr vous désabonner sans aucun problème.

Merci de votre fidélité et de votre intérêt.

Claire

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