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MESSAGE PERSONNEL POUR LE 25 NOVEMBRE 2025

par Claire Sibille

publié dans Alterégales

MESSAGE PERSONNEL POUR LE 25 NOVEMBRE 2025

Je t’écoute, Je t’entends, Je te crois.
Je suis à tes côtés.
Autant que je peux.

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes : 152 féminicides officiels depuis le début de l’année. 11% d’augmentation par rapport à l’année dernière.

Je suis psychothérapeute et autrice. En dehors de l'expérience personnelle dont j’ai témoigné après bien longtemps, entre autres dans mon blog, j’ai accompagné, j’accompagne encore, des dizaines de femmes, d’enfants et anciens enfants maltraités, le plus souvent par des hommes. Des hommes qui ne pensent pas, des hommes qui agissent poussés par leur vide intérieur et leur violence. Conditionnés par la domination patriarcale dont ils sont les premiers esclaves. Car elle a colonisé leur manière de vivre et de ne pas penser.

Victimes de violences, on vous dit, on nous dit de parler. Parler est utile. Parler est indispensable. Mais il faut que le contexte de la parole soit sécurisant, porteur, protecteur. Il faut que cette parole soit entendue, respectée, soutenue. C’est très dur de parler en face du silence, du vide, du rien. De la non reconnaissance. Pire, de subir l’humiliation ou le déni de notre parole par la famille, les ami.e.s, la police, la justice, des psys, des médecins, les réseaux. Par les adultes quand on est enfant. Je le sais. Je l’ai vécu. Je l’ai vu vivre. Trop souvent. La plupart du temps.

Donc parler oui, mais quand on est sûr.e d’avoir un soutien humain chaleureux et sécurisant. Et si possible compétent et efficace.  Ne soyons pas dupes, la réalité est encore très loin d’avoir bougé. Le féminisme n’a jamais été aussi indispensable. Et la sororité se construit, elle est loin d’être une évidence. Les femmes représentantes zélées du patriarcat sont légion. Décolonisons nos esprits, nos âmes, nos coeurs.

Je ne sais pas si l’humanité va mourir de chaud avant que l’on ait pu changer vraiment la donne, mais j’encourage nous toutes à créer de la solidarité pour que les parole des blessées puissent être entendues avant de devenir les silences de fantômes.
Mais aussi à écrire, à dessiner, chanter, à danser, à  transformer la blessure en perle. C’est ce que je m’essaie à faire dans tous mes livres, et j’ai la joie profonde de voir que des créatrices, mais aussi des créateurs, s’emparent de ces sujets.

C’est ainsi que nous toutes et nous tous pourrons faire bouger les choses.

 

Marche à Pau, 22/11/25
Marche à Pau, 22/11/25
Marche à Pau, 22/11/25

Marche à Pau, 22/11/25

Solidarité femmes : 3919

Solidarité femmes : 3919

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LIRE EST UN SPORT DE COMBAT !

par Claire Sibille

LIRE EST (DEVENU) UN SPORT DE COMBAT !

Résumé : Croiser un.e lecteurice dans le train, un parc, une plage, sans même parler des transports en commun, est devenu une bizarrerie. Elles, ils, ont disparu, comme les insectes sur les phares des voitures dont j’ai parlé si souvent. Mais la situation est loin d’être désespérée. Une jeune fille de 14 ans m’a dit tout le bien qu’elle avait pensé de mon roman « Inventaires » lors de mon dernier salon. Je croise un jeune homme lisant un livre sur un banc à Bordeaux, entouré d’autres jeunes sur leurs smartphones. Il rayonne comme une fleur au milieu du désert. Je leur dédie cet article, qui est aussi une chronique de mes livres en cours.

En fin d’article vous trouverez tous les liens cités, et les dates de mes signatures, salon ou librairies, jusqu’à Noël.

Comme le rappelle le Journal le Un, Donald Trump, parmi d’autres qui lui ressemblent, n’est pas un lecteur. Même les petits messages de ses vassaux, trois lignes maximum, sont trop longs. Il est allergique aux mots autres que ses invectives, puisqu’il en supprime sans vergogne un nombre conséquent du vocabulaire autorisé. De nombreuses dystopies, 1984 étant la plus célèbre, ont mis en scène cette destruction du langage, en particulier écrit, par les dictateurs, et même les plus jeunes peuvent avoir des images de livres brûlés sur une place publique. Car le dernier autodafé date… de juin 2025, en Bretagne, revendiqué par un groupe néo-nazi et largement passé sous les radars de l’actu. La journaliste Sonia Devillers fait elle aussi part de son inquiétude de voir son cerveau changer à cause des réseaux, et de n’être plus capable de se concentrer ne serait-ce que sur un roman. (liens en fin d’article)

C’est ainsi que ce qui était une passion depuis le plus jeune âge, la lecture, est devenu sans que je m’en aperçoive un acte de résistance, et sa promotion un sport de combat. Prenant conscience de l’impact des écrans, et je suis loin d’être parmi les plus touchées, j’ai mis en place depuis plusieurs mois une discipline de lecture quotidienne, en particulier pour les essais, exactement comme pour l’exercice physique. Et quelle joie de voir mon cerveau se déployer, de prendre le temps de dialoguer intérieurement avec telle ou telle phrase de l’essayiste, ou de réécrire telle ou telle phrase d’un roman si je ne suis pas plongée dedans. Le temps se dilate et mon intelligence aussi … Je retrouve des mots, ou j’en découvre. Je savoure la jouissance de penser par moi-même, et mes phrases coulent d’autant mieux après, dans mes propres écrits. C’est l’intérêt de la période actuelle de me faire prendre conscience de tous ces bénéfices.

Mais attention à l’élitisme intellectuel français, qui n’est pas mort avec Bernard Pivot. Il existe des personnes formidables qui ne lisent pas, souvent parce que la lecture ne fait pas partie de leur culture et de leur mode d’apprentissage et de transmission. Et des psychopathes avérés connaissent les classiques par cœur. En dehors des nombreux scandales sexuels touchant des écrivains ou éditeurs connus, sans parler des journalistes, les grands dirigeants nazis étaient réputés pour leur culture. Je me situe donc dans un contexte donné, celui d’une culture où l’école est laïque et obligatoire, où l’accès aux livres est facile pour une catégorie moyenne de la population.

Un autre problème de cet élitisme est le poids des classiques, en particulier à l’école. Raz-le bol de Balzac et de Proust que l’on « relit » sans l’avoir jamais lu, et même des écrivains du 20ème siècle. Il y a aussi l’absence des autrices même si ça bouge, ou leur maintien dans une littérature de niche type feel-good ou romance. Vous ne me croyez pas ? Faites le « test de la bibliothèque » (si vous en avez une bien sûr). Comptez la totalité de vos livres, puis le pourcentage auteurs/autrices. Surpris.e ? N’hésitez pas à partager votre résultat !

Quant à moi, j’aime lire :

… des essais. J’aime me voir penser et dialoguer avec l’auteurice, j’aime apprendre, et nourrir ainsi mes propres écrits. En ce moment je lis …

… le dernier Mona Chollet, Résister à la culpabilisation, un incontournable.

 

… des revues ou des journaux sur papier. J’aime être en lien avec le monde mais avec ce recul par rapport à l’actualité qui permet de penser. En ce moment je lis …

… le dernier Le Un, numéro 568, un numéro double sur la tyrannie de Trump mais aussi une profonde réflexion sur la liberté, avec des articles lumineux.

 

… des romans. J’aime voir se développer sous mes yeux un univers nouveau et inconnu, et contrairement à l’écran, créer mes propres films, cocréer avec l’auteurice plutôt que d’être juste avalée par l’image. Dans les romans, j’aime aussi les romans noirs ou policiers quand ils parlent de sujets psycho-sociaux (Olivier Norek, Fred Vargas, Deon Meyer …). Et j’ai eu une grande période fantasy, dans la lignée du Seigneur des Anneaux, que j’ai bien lu dix fois. En ce moment je lis …

… Le livre de Kells, de Sorj Chalandon, une auto-fiction romanesque qui me ramène dans les années 70, bousculant.

 

… des reportages transformés en livres. J’aime plonger en profondeur dans un fait d’actualité, car l’intime est toujours politique et le politique impacte notre intimité, qu’on le veuille ou non. En ce moment je lis …

… V13 d’Emmanuel Carrère, bien sûr !

 

J’aime aussi les bds, certains mangas, les romans graphiques. J’aime le lien avec le dessin, une de mes frustrations ! Et les recueils de nouvelles, et les poèmes, qui reviennent un peu en ce moment. En ce moment je lis …

… Les grandes oubliées, pourquoi l’histoire a effacé les femmes.Une bd de Titiou Lecoq et Marie Dubois. À lire absolument et à faire lire aux ados. J’y ai appris des choses hallucinantes.

 

Et j’aime aussi relire mes propres manuscrits 😅😅​ ! Je suis même capable de pleurer ou de rire en me relisant … C’est un travail de dentellière, j’ai relu et corrigé au moins dix fois mon dernier roman, sans même compter les relectures professionnelles, mais j’ai la sensation jouissive de peindre les dernières touches sur un tableau ou de fignoler une sculpture.

Alors bienvenue dans ma salle de sport !

 

 

Les dates où me rencontrer  :

  • À Oloron, au salon du livre sans frontières sur le stand de la librairie L’Escapade : samedi 15 novembre à partir de 14h et dimanche 16 toute la journée.
  • À Orthez, le vendredi 19 décembre à partir de 15h30, à l’Espace culturel Leclerc (centre-ville).
  • À Aire sur l’Adour, le samedi 20 décembre, de 10h à 17h, à l’Espace culturel Leclerc.
Mon dernier roman republié par les éditions d'Avallon, après moultes péripéties.
Mon dernier roman republié par les éditions d'Avallon, après moultes péripéties.

Mon dernier roman republié par les éditions d'Avallon, après moultes péripéties.

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