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Envie de vivre ! ?

par Claire Sibille

publié dans La psychothérapie - de quoi ça parle , Cette société - c'est la notre ! , Des livres profonds ... comme une psychothérapie ! , Ecothérapie , Fiction

Envie de vivre ! ?

(Lire la présentation du salon par le responsable et mes commentaires après la photo)

L’envie de vivre, c’est le sujet du Salon du Livre de Pau, Les idées mènent le monde, où je serai présente pour la première fois avec mes trois livres édités, le samedi 19 novembre de 14h à 19h sur le stand de la librairie L’Escampette, au Palais Beaumont, salle Henri Faisans.

Pour la psychothérapeute et écrivaine éco-féministe que je suis c’est un thème parfait, mais qui demande des précisions.

En effet, je pense que la première fonction du thérapeute est de soutenir le vivant. Mais le terme « Envie de vivre » contient une ambiguïté certaine pas toujours compatible avec cette idée de soutenir la vie dans son ensemble. Car aucun doute que les prédateurs, les dictateurs, les sociopathes et les multinationales ont une sacrée « Envie de vivre ! ».

Nous allons donc prendre l’option d’une envie de vivre qui inclut l’existence de l’autre différent comme un élément fondamental de cette vie, que cet autre soit animal humain ou non humain, végétal ou minéral. C’est en tous cas ce que je vous propose dans une interprétation complexe de la théorie de l’Attachement, théorie dont Boris Cyrulnik a fait la base de sa notion de résilience, cette capacité à reprendre un développement vital après un traumatisme.

Pour le résumer en quelques mots, l’Attachement nous parle de ces liens, premiers mais pas que, ces liens intimes et engagés qui créent, quand ils sont adaptés, une suffisante sécurité intérieure pour pouvoir grandir puis mûrir avec les autres. Car l’Attachement nous dit que l’individu n’existe pas sans les autres, et je rajouterai le tout autre, la nature, le vivant. Nous ne sommes pas seuls et notre existence même est la preuve quotidienne de cette intelligence de l’univers.

Mais souvent les traumatismes, les ruptures relationnelles, les deuils, mais aussi, et de plus en plus la situation de crise majeure, et vitale, que traverse l’humanité atteint profondément cette conscience empathique de l’autre et le désir de vivre ensemble, voir tout simplement l’instinct de survie. Chez chacun de nous, mais déjà chez les enfants et les adolescents, ce qui est une des tragédies de notre société.  Suicide immédiat ou différé grâce aux addictions et à la malbouffe, repli identitaire, survie à n’importe quel prix, négation de l’autre et du commun, les troubles de notre société sont sans fin qui nous amènent vers le « suicide collectif » dont parle Antonio Guttérès, le secrétaire général de l’ONU quand même, à l’ouverture de la COP 27. Comme le dit un des intervenants du salon, Olivier Bessy, dans une belle formule : La vie se transforme en maladie identitaire chronique. L’Eldorado des psys ! mais bien plus encore des marchands de rêves, en particulier numériques, car ils permettent d’éviter le contact avec le réel.

Une des réactions compréhensibles est de s’identifier aux monstres, de s’en nourrir. Les tueurs en série et les zombies font fureur sur nos chaînes de streaming. Malheureusement ils envahissent aussi les actualités, au propre comme au figuré. Une autre, à l’opposé, consiste à fuir dans des paradis artificiels, que ce soit des romances à l’eau de rose et des frénésies consuméristes, ou des substances tout aussi addictives mais encore plus toxiques. Ces deux faces d’une même réalité, celle du déni, font obstacle aux changements nécessaires. Comme dans le superbe dessin animé Wall-E, sorti en 2008, qui n’a non seulement pas pris une ride mais devient de plus en plus proche de notre réalité, beaucoup d’entre nous sont figés devant leur écran nourris à la malbouffe, pendant que d’autres survivent sur les déchets des premiers.

Le film se termine bien, et donne de nombreuses clés pour retrouver l’envie de vivre… avec les autres, tous les autres.

Claire Sibille

Psychothérapeute et écrivaine

18/11/22

 

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Voici la présentation du commissaire général du salon. Je ne suis pas d’accord avec tout, en particulier sur sa perception de la natalité et le jugement qu'il émet sur les couples qui font un autre choix ! Il y a de multiples façons d’être parent et suffisamment d’enfants qui ont besoin d’une famille, mais il y a aussi de multiples façons de participer au monde, pour ne pas avoir d'enfant biologique si on n’en ressent pas l’envie…

Mais bon, ça vous met dans le contexte, et pour le reste, je vous donne RV samedi 19 novembre de 14h à 19h sur le stand de la librairie L’Escampette, au Palais Beaumont, salle Henri Faisans, au salon du livre.

 

La guerre fait rage en Ukraine. Une pandémie vient de paralyser la planète et n’est pas totalement contrôlée. La menace d’une catastrophe climatique rôde. L’inflation galopante et les risques de récession inquiètent. Pour couronner le tout, les citoyens s’éloignent chaque jour un peu plus de la politique et font de moins en moins confiance aux élus pour régler les problèmes. À l’écoute des bruits du monde, l’espérance d’un avenir meilleur pourrait sembler déraisonnable. Au point qu’apparait un symptôme encore inédit en France, y compris lors des périodes les plus sombres : une étude récente montre qu’un tiers des femmes françaises en âge de procréer déclare ne pas avoir l’intention de donner la vie. Faut-il alors craindre que la confiance en la vie, le désir même de vivre en soient affaiblis ? Si dans son histoire, l’humanité est responsable et coupable de nombreux malheurs, la même humanité a, au cours des siècles, conçu, imaginé, dessiné, bâti et réalisé les merveilles dans tous les domaines qui nous permettent de vivre aujourd’hui.
Qui peut espérer, imaginer que le monde puisse retrouver un meilleur futur si manquent les femmes et les hommes pour l’imaginer et le mettre en place ?
Le désir de vivre est la condition absolue, la seule chance pour qu’un jour, le monde aille mieux qu’aujourd’hui. Chaque naissance, chaque nouvel enfant est une promesse dont le monde ne peut se priver. Et la trahison de l’espérance est un crime contre l’humanité́.
De tout cela, il sera question à Pau les vendredi, samedi et dimanche 18,19 et 20 novembre prochains. Soyons au rendez-vous.

Philippe Lapousterle Commissaire général

 

RV samedi 19 novembre de 14h à 19h sur le stand de la librairie L’Escampette, au Palais Beaumont, salle Henri Faisans.RV samedi 19 novembre de 14h à 19h sur le stand de la librairie L’Escampette, au Palais Beaumont, salle Henri Faisans.RV samedi 19 novembre de 14h à 19h sur le stand de la librairie L’Escampette, au Palais Beaumont, salle Henri Faisans.

RV samedi 19 novembre de 14h à 19h sur le stand de la librairie L’Escampette, au Palais Beaumont, salle Henri Faisans.

Mes trois livres présents, qui tous traite de l'envie de vivre avec les autres, en commençant par prendre soin de soi et de ses émotions (Le Jeûne, une thérapie des émotions ?), de nos enfants et adolescents en souffrance (Juste un (très) mauvais moment à passer), de nos liens familiaux et de la planète (Inventaires).

 

"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres". Antonio Gramsci (1891-1937, philosophe politique). Photo prise à Lasseube, devant chez moi. Merci. La gratitude donne envie de vivre.

"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres". Antonio Gramsci (1891-1937, philosophe politique). Photo prise à Lasseube, devant chez moi. Merci. La gratitude donne envie de vivre.

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Aurais-je le courage de mourir ?

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre ! , Je suis psy mais je me soigne ! , La psychothérapie - de quoi ça parle , Le quotidien c'est pas banal

Aurais-je le courage de mourir ?

 

Ce sont les mots qui me sont venus en cette période où Halloween, Samain, la Toussaint… tout le cycle de la nature du mois de novembre nous parle de ce passage obligé. Cela peut paraître bizarre de parler de courage, car justement je n’aurais pas le choix le moment venu.

Et à la fois, le travail thérapeutique sur la naissance nous montre l’importance de ce passage où l’on semble n’avoir aucun impact possible. L’expérience montre que la manière dont il est réalisé et accompagné, ainsi que l’existence d’une « intention » dans la manière dont le bébé vient au monde, intention ou juste élan vital je vous laisse choisir, ont un impact sur la vie. Il y a certainement de la même façon une manière de mourir qui peut prendre plus ou moins de sens. Beaucoup n’ont ni le choix, ni le temps, de se poser cette question. Alors je serai prudente. Mais questionnante et méditante.

Le travail de deuil, pour des raisons mutiples et complexes, a toujours fait partie de ma vie et de ma réflexion. Il est au centre de mon roman « Inventaires », et fait l’objet d’une des nouvelles de mon recueil « La Passeuse ». Je vous joins d’ailleurs la ressource associée, ainsi que les références d’un très beau roman japonais sur ce thème.

Les deuils que j’ai vécus ont la plupart du temps été des morts imparfaites, souffrantes ou solitaires, qui ne correspondent en rien à la mythologie de la mort exaltante que l’on trouve dans toutes les traditions. Et pourtant ces gens que j’aimais sont morts. Dans l’imperfection, la souffrance, la solitude. Ils ont quand même réussi à mourir. C’est rassurant.

Une des caractéristiques de notre modernité occidentale est d’être très pauvre en accompagnement de fin de vie ainsi qu’en rituels de passage, déjà pendant la vie, par exemple pour aider les adolescents et les jeunes à entrer dans l’âge adulte, ou encore pour marquer les différents cycles de la vie d’une femme, marqués au plus profond de son corps. Nombre d’autres moments, y compris celui de la mort, se font au petit bonheur la chance. Pour peu que vous soyez baptisés vous aurez toujours un prêtre et une bénédiction. Mais est-ce que cela vous suffit ?  Nombre d’auteur.es ont parlé de ce problème et la question de la fin de vie, déniée par notre société consumériste sauf dans l’obsolescence programmée des gadgets à nous vendre, revient régulièrement sur le devant de la scène, comme en ce moment pour la question du suicide assisté. Mais elle a très peu de réponses, voire même de questions. Il faut les chercher nous-mêmes.

Le cycle de la Nature, incarné par les quatre saisons de l’arbre, illustre pourtant à merveille l’importance de ces passages et l’existence d’une continuité, quelle que soit la forme que l’on peut lui imaginer en fonction de nos croyances. Le calendrier catholique aussi, en mettant le jour de la Toussaint juste avant celui des Défunts marque l’idée d’une continuité dans la transformation. L’Astrologie, ce langage de l’inconscient et du lien avec l’univers transmis à travers les âges, nous offre à méditer sous nos latitudes la symbolique du signe du Scorpion. Sa piqure mortelle nous rappelle notre impermanence, mais c’est aussi un signe d’eau, de l’eau stagnante ou pénétrante qui regorge de vie, telle la pluie de novembre. Elle favorise la transformation des corps en humus, gorgé de ressources pour les générations suivantes.

Reste la question essentielle de l’accompagnement. Qui sera là pour chanter et danser, prier et veiller notre corps, aider au passage en nous tenant la main ? Quelqu’un de vivant ? Quelqu’un de déjà mort nous attendant de l’autre côté ? Les deux pour les plus chanceux ?

On parle souvent de la nécessité d’allumer une lumière dans l’obscurité, c’est un des clichés les plus fréquents du « développement personnel ». Mais c’est aussi le résumé de tout le processus qui nous amène du mois de novembre, en passant par l’Avent, où chaque dimanche voit luire sa bougie supplémentaire, jusqu’à Noël, plus simplement le solstice d’hiver, où la lumière du jour recommence à croître.

Je préfère aujourd’hui croire que l’obscurité elle-même peut générer sa propre lumière. Une obscurité lumineuse, faisant écho à l’extrême luminosité de notre civilisation qui génère tant de noirceur.

Pour une question aussi essentielle les livres nous aident, mais pas que. Après la mort très imparfaite de ma mère, un rêve m’est apparu quelques mois après, un rêve tellement réel que je n’ai jamais douté qu’il était « vrai ». Elle s’envolait vers un ciel lumineux en me faisant un grand sourire et un signe de la main.

Nombreux sont les signes qui nous guident pour trouver le courage de mourir… en toute imperfection.

Claire Sibille

Écrivaine, Psychothérapeute intégrative

 

La colchique d'automne, un des symboles de l'obscurité lumineuse. Merci d'être autant présentes chez moi !

La colchique d'automne, un des symboles de l'obscurité lumineuse. Merci d'être autant présentes chez moi !

Un très beau roman sur la fin de vie d'une jeune femme. Beaucoup de ressources, de poésie, de réflexion.
Un très beau roman sur la fin de vie d'une jeune femme. Beaucoup de ressources, de poésie, de réflexion.

Un très beau roman sur la fin de vie d'une jeune femme. Beaucoup de ressources, de poésie, de réflexion.

Extrait des ressources de mon recueil de nouvelles "Juste un (très) mauvais moment à passer".

La nouvelle qui traite du deuil et de la fin de vie s'appelle "La Passeuse".

APRES-COUP NUMÉRO QUATRE

Mourir, un grand sujet

UNE ASSOCIATION

L’association pour le droit de mourir dans la dignité :

http://www.admd.net/

Extrait du texte fondateur :

« ... Mais le droit fondamental, duquel tous les autres découlent, le droit de mourir, n’est jamais abordé. Or, comment peut-on se dire libre et maître de son destin si l’on ne peut éviter la déchéance (de la fin de vie) ... Une visite à un « mouroir » est fortement recommandée à tous ceux qui ne veulent pas entrer dans la vieillesse à reculons. Je leur garantis ... une remise en question fondamentale comme l’est la présence de certaines maladies mentales ... Assumer sa vieillesse... Sur la vieillesse, notre esprit ne se nourrit que de quelques idées fermentées du XVIIIe siècle, nageant dans un bouillon de malaise, de peur et de honte louche. »

UN LIVRE QUI A BOULEVERSÉ LA FRANCE Les fossoyeurs, Victor Castanet, Fayard, 2022.

Sur le scandale des maisons de retraite Orpéa.

Aurais-je le courage de mourir ?

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