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JE PASSE EN MODE ÉCO !

par Claire Sibille

Je passe en mode Éco !

 

Interprétation toute personnelle de la symbolique de l’Avent

 

Depuis ce matin, je suis en mode éco.

Ça tombe bien, pour une fois je réponds avec enthousiasme à l’appel de nos gouvernants, sachant que depuis leurs logements "slow impact" du Qatar ou de la Maison Blanche, ils me regarderont avec bienveillance et commisération, heureux de me voir enfin les suivre comme une seule femme.

En effet pour cause de - guerre, réchauffement climatique, inflation, considérations inconnues qui m’échappent -, le discours est à la sobriété. Ne parlons pas de décroissance, ce joli mot honni de nos sociétés capitalistes. Et pourtant. Allons-nous y arriver sous la pression des évènements ?

En ce qui me concerne, je dois amener quelques précisions. Passer en mode éco, ça ne veut pas dire glander toute la journée sur le canapé. J’écris, j’organise des formations et des projets collectifs, cela demande de l’énergie mentale. Je suis psychothérapeute et je cogère une famille, cela demande de l’énergie émotionnelle.

C’est plutôt l’énergie physique qui se met en sourdine.

Finies les longueurs quotidiennes à la piscine qui ont rythmé les mois précédents, jusqu’à tard vu la douceur de l’automne. Place aux aller-retours beaucoup plus brefs au bûcher pour recharger la cuisinière à bois et aux coups de sécateurs pour agrémenter ma soupe de quelques orties fraîchement repoussées (en décembre). Le corps se met tranquillement à l’heure d’hiver.

Vous savez l’importance que j’accorde au rythme des saisons et à leur lien avec les émotions. Pour les philosophes, l’automne et l’hiver sont le printemps et l’été de la pensée. Toute l’énergie que nous n’utilisons plus à nous éclater sur les plages, à courir l’aventure après avoir dansé toute la soirée ou de manière plus sérieuse à semer et récolter les fruits de notre travail s’il est en lien avec les saisons, nous pouvons la tourner vers l’intérieur, développer la connaissance des sujets qu’il nous reste toujours à découvrir, la réflexion sur les grandes interrogations de l’homme, la chaleur humaine, l’écoute de soi et de l’autre.

La symbolique de l’Avent et sa couronne peut nous parler de ce passage en mode éco, et de cette réorientation de l’énergie vers des sujets intimes et intérieurs. Vous avez peut-être dimanche dernier allumé la première des quatre bougies qui nous amènent à Noël, au solstice d’hiver pour ceux que la symbolique chrétienne encombre. Ces quatre bougies nous éclairent jusqu’à la nuit le plus longue de l’année, celle où ma fille, quand elle avait 4 ans, avait tellement peur de s’ennuyer. Si la bougie nous parle de sobriété (vous voulez retourner à la bougie, c’est ça ? Et oui…), le fait d’en allumer une de plus chaque dimanche éclaire le chemin intérieur. Ainsi nous serons prêts pour accueillir le Solstice d’hiver, la lumière qui renaît au cœur des ténèbres, le Sol Invictus, le soleil victorieux que célébraient les romains, symbolisé dans notre civilisation par la naissance de Jésus.

Là où les romains avaient tort à mon humble avis (mais je ne les ai pas entendus en direct sur la question), c’est que la nuit est tout aussi victorieuse que le soleil. D’abord parce qu’elle en est la mère. Et c’est formidable de penser, quand nous traversons des zones d’obscurité pour cause de traumatismes ou de deuils, qu’elles sont la matrice des forces à venir. Mais aussi parce qu’au solstice d’été, à la Saint Jean, c’est la nuit qui renaît au milieu du jour le plus long, pour rappeler à l'homme, même le plus puissant, le plus solaire, que lui aussi finira par mourir. D’où les grands feux de joie que les hommes ont mis en place pour lutter contre cette peur qui n’appartient qu’à eux.

Alors passez en mode éco en toute sérénité, vous êtes en accord avec l’air du temps et avec la saison.

Et si vous ne pouvez pas faire autrement que garder le rythme imposé par une quelconque entreprise ou administration, faites-le à la lueur de la bougie…

Allumer une bougie plutôt que maudire l'obscurité...

Allumer une bougie plutôt que maudire l'obscurité...

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L’hiver arrive : protégez vos émotions !

par Claire Sibille

publié dans Ecothérapie , Je suis psy mais je me soigne ! , Jeûne et Detox

L’hiver arrive : protégez vos émotions !

 

Nous sommes entourés de dépressions, annonçait la responsable météo ce matin sur France Inter. Revenant temporairement à une normalité bienvenue, novembre nous inonde enfin de ses pluies fécondes, propices aux champignons, à la repousse des arbres, à la transformation de la vie en autre vie par l’humus et le compost.

Cette saison parle à l'homme de la confrontation à la mort et du souvenir des défunts, de monstres cachés dans l’obscurité du placard ou sous le lit, de peurs ancestrales à l’entrée de la saison froide. La tristesse et l’angoisse sont de saison. Cela revient à dire qu’elles font partie du cycle de la vie et qu’il est tout aussi important de les accueillir que la joie du Printemps et les colères orageuses de l’été.

De la même manière que vous allez vous emmitoufler dans une doudoune et mettre des gants et un bonnet à votre enfant, il est important de prendre soin de vos émotions. Les accueillir, les reconnaître, les exprimer, peut-être dans le partage, peut-être dans l’écriture, le dessin ou la musique.

L’important est de ne pas les maltraiter. Trop souvent nous avons aussi peu de temps pour elles que pour nos enfants, pressés que nous sommes par les enjeux réels et supposés de notre vie d’adulte. Dépêche-toi, est paraît-il la phrase la plus utilisée par les parents. Nous l’appliquons aussi à nos émotions. Et, comme l’enfant que nous bousculons, elles se sidèrent alors, se tétanisent, et finissent par se taire, enveloppées non pas d’une chaude doudoune mais d’un nuage de stress qui finit par atteindre notre système immunitaire et notre santé.

Notre enfant intérieur ne mérite pas plus d’être maltraité que n’importe quel enfant. Bientôt, à Noël, il pourra prendre toute sa place dans la joie. Si nous avons accueilli ses peurs et ses tristesses avec empathie, il pourra alors nous couvrir de cadeaux.

Car la grande force du Père Noël, c’est d’avoir gardé vivant son enfant intérieur !

 

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Au sujet de la peur qui nous fait si peur... Et de la contagion émotionnelle.

Extrait du livre : « Le jeûne, une thérapie des émotions ? Ecoute, expression, guérison. Claire Sibille. Editions Exuvie, 2021.

« …De manière plus intime, la science a montré́ que la peur et ses réflexes associés de protection, de fuite et de défense, se transmettent directement des mères aux petits dans la nature. C’est une des clés essentielles de la survie d’une espèce. De plus en plus d’études montrent cette transmission des émotions difficiles, des stress et traumatismes, parfois sur plusieurs générations. De plus, pour des traumatismes particulièrement destructeurs, comme les abus sexuels par exemple, il existe le risque de la répétition tant que la situation n’est pas confrontée et transformée.

Ce partage émotionnel existe aussi pour les émotions positives et le sentiment de sécurité.

Nos émotions nous permettent une adaptation permanente à l’environnement.
Elles nous font naviguer dans les innombrables rencontres, informations, sensations, stimuli soutenants ou agressifs de notre entourage. Elles sont essentielles. Elles sont notre nature profonde.

Laurent, un de mes patients pris dans le carcan rationaliste masculiniste, et évitant soigneusement tout contact avec ses émotions, termine une séance où il a enfin pu laisser s’exprimer les sanglots du petit garçon maltraité : « Je suis rassuré de pouvoir pleurer ainsi », me dit-il à la fin, « c’est bon de prendre possession des émotions, cela rend humain ».

Le paradoxe, c’est que ces émotions dont l’accueil nous rend humain, nous les partageons avec les grands singes, bouleversants d’empathie.

Certains scientifiques, philosophes ou simples mortels voudraient réserver cette capacité́ d’empathie à l’être humain, mais les travaux des éthologues, les spécialistes du comportement animal, sont sans appel et confirment ce que chacun peut vivre au quotidien avec son chien, son chat, son âne, son cheval... et même son cochon d’Inde.

Chaque émotion à un rôle adaptatif particulier, la peur pour l’environnement menaçant, la colère pour l’affirmation de ses limites, la tristesse pour traverser les pertes et les séparations, le dégout pour nous protéger de l’intrusion de ce qui nous fait du mal, la joie pour le partage et le lien.

Aucune n’est négative comme on l’entend trop souvent dire. C’est le déni de l’émotion, ou son amplification extrême pour cause de stress, de traumatisme, de relation ou d’environnement dysfonctionnels qui vont la rendre toxique.

 

Livre disponible localement à l'Escapade à Oloron et à l'Escampette à Pau et dans de nombreuses librairies : https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782491031046-le-jeune-une-therapie-des-emotions-claire-sibille/ ou su commande n'importe où.

L’hiver arrive : protégez vos émotions !
L’hiver arrive : protégez vos émotions !

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