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Itinéraire d’un premier roman

par Claire Sibille

publié dans Fiction , Cette société - c'est la notre !

Itinéraire d’un premier roman

Article dédié à toute personne qui porte en elle une histoire

 

Il y a des écrivains, paraît-il, qui louent pendant 6 mois une villa au bord de la mer en Bretagne ou au Maroc et plongent dans l’écriture.

Et il y a les autres, j’en fais partie, qui arrachent chaque mot de haute lutte aux charges mentale et émotionnelle d’un quotidien certes passionnant mais très rempli.

Et encore, écrire, cela n’est rien. Mais trouver un éditeur dans ce genre de vie, depuis le fin fond de la forêt où j’habite, cela tient carrément du miracle.

Alors vous faire part de la richesse de ce parcours motivera peut-être celles et ceux qui veulent tenter l’aventure.

Et d’abord, pour ne pas se décourager, quelques règles qui m’ont aidées quand j’ai fini par les comprendre… :

  • Ne pas se comparer aux autres. Oui tel.le auteur.e qui vous tombe des mains à la deuxième page a eu le prix Nobel de Littérature. Tel autre qui vous donne l’impression de lire une composition de français de CM2 du style « racontez vos vacances et votre premier amour » se vend à un million d’exemplaires. Oui, telle star de télé réalité s’expose dans toutes les librairies et n’a eu aucun problème à trouver un éditeur pour un écrit qui s'apparente à une page de pub dans un magazine féminin. C’est comme ça ! La grande force de ces livres, c’est qu’ils ont trouvé leur lectorat. C’est la seule chose à retenir, que ces lecteurs soient des académiciens qui ne valident une phrase que si elle comporte trois imparfaits du subjonctif, une femme nostalgique du grand amour qu’elle attend toujours, ou un homme qui rêve d’être un super flic pourfendeur de méchants (ou l’inverse…), ils ont trouvé leur livre, et l’écrivain a trouvé son lectorat.
  • Participer à des concours de nouvelles. C’est l’association « Noires de Pau » en… 2005 qui m’a permis de gagner mon premier concours de nouvelles et depuis j’en ai fait régulièrement, avec de plus en plus de reconnaissance. C’est un excellent exercice et cela donne souvent l’occasion de se voir édité dans un ouvrage collectif. Le dernier en date : « Loin du cœur », au profit de l’association Solidarité femmes, chez BetaPublisher.
  • Faire appel aux professionnels. Même si mon roman était fini avant toutes les démarches que je vais vous détailler après, c’est le fait d’avoir fait appel à des professionnels du livre qui m’a permis de franchir le pas de l’édition. Avant j’avais publié en auto-édition avec un certain succès, et je suis loin de renier ce procédé que je réutiliserai certainement à un moment. J’ai également trouvé un éditeur toute seule pour mon essai : « Le Jeûne, une thérapie des émotions » en contactant les éditions Exuvie et Fabien Moine sur un coup de tête après une de ses vidéos et j’en suis très satisfaite.

Mais pour la fiction, et en particulier mon premier roman, je pense que je n’y serai pas arrivée sans cette étape qui peut paraître onéreuse, mais qui reste souvent très raisonnable, surtout si vous faites le pendant avec les heures inutiles et les frais de poste pour des envois inefficaces aux maisons d’édition saturées.

Et ne soyez pas susceptibles ! Si vous payez quelqu’un, c’est bien pour qu’il vous aide à vous corriger. Non ? C’est pour qu’il vous fasse des câlins ? Dans ce cas ça ne porte pas le même nom…

Voici donc les étapes essentielles qui m’ont conduites jusqu’à l’édition d' « Inventaires ».

Conception et Gestation

Ce livre est né, comme d’autres de mes écrits, après la mort de ma mère, vers 2015. Les inventaires au début de chaque chapitre sont venus en vidant son appartement. J’ai noté les objets que je trouvais au fur et à mesure dans un carnet avec l'intention d’en faire quelque chose. Mes parents ont accumulé nombre d’objets exotiques et improbables, comme par exemple une boîte entière de vieilles paires de lunettes récupérées sur les ancêtres au moment de leur mort. Comme d'habitude l'écriture a pris le pouvoir, et la créativité des inventaires a vite dépassée celle de mes petits carnets. Dans la première phase de brouillon, j’ai eu l’élan de l’envoyer à 4 ou 5 éditeurs. Je me rappelle, mais c’est très loin, avoir reçu une lettre très encourageante des Éditions du Seuil et aussi un petit mot d’Albin Michel, manuscrit, qui disait qu’ils ne pouvaient pas le prendre avec regret. Tout ça pour dire que les éditeurs ne sont pas tous méchants et insensibles. Et puis j’ai oublié ce roman dans mon ordinateur et dans quelques carnets au fond d’un tiroir, je me suis consacrée à mes autres écrits.

Risque de fausse couche

Le manuscrit n’est ressorti qu’au Printemps 2019 et j’ai d’abord été effondrée par la relecture ! Ce n’était pas un brouillon, mais le brouillon d’un brouillon… Tentée de tout mettre à la poubelle, je me suis mise à la tâche, car l’écriture devenait de plus en plus vitale dans ma vie et j’avais quand même le début d’une histoire.

Accouchement à la maison

Une fois la première version du roman terminée, fin 2019, je l’ai proposée à mon cercle de premiers lecteurs pendant le printemps et l’été 2020. Ce premier cercle m’a permis à la fois de prendre confiance dans le livre tout en faisant des corrections essentielles.

Pendant ce temps, je m’étais inscrite à une master class avec « The Artist Academy ». La formule très souple me permettait d’écrire dans un emploi du temps surchargé, et de produire des textes à réutiliser dans d’autres romans. Mais surtout d’échanger avec d’autres férus d’écriture, ce qui est vraiment super. J’ai eu de très bons retours sur mes textes qui ont continué à nourrir ma confiance.

Pendant le confinement du Printemps 2020 j’ai franchi un nouveau cap en participant aux ateliers du magazine littéraire « Lire » qui demandent un peu plus d’engagement tout en restant très accessibles. J’y ai appris beaucoup de choses sur l’écriture mais aussi sur la manière de se faire éditer que j’ai utilisées pour mes romans suivants, « Inventaires » étant déjà terminé.

Bébé entre en crèche

À l’automne 2020 j’ai été mise en contact avec une agente littéraire, Georgia Terzacou, à laquelle j’ai commandé une fiche de lecture très encourageante, et porteuse de conseils essentiels pour améliorer le manuscrit. Elle a pris en charge le roman et l’a proposé à 9 maisons d’édition entre début 2021 et le Printemps.

J’insiste encore sur le contact avec les professionnels de l’écriture : Agente littéraire et fiche de lecture, Ateliers de bonne qualité et finalement coach (Frédérique Anne) à partir de mon deuxième roman m’ont permis de franchir des caps incontournables. Si votre but est vraiment de vous faire éditer et que vous avez un peu de moyens financiers à y consacrer, n’hésitez pas.

Mais comme pour un psy, choisissez les personnes avec qui ça colle !

Sur les neuf éditeurs contactés par Georgia, deux n’ont pas répondu, pour deux autres ce n’était pas le bon moment, ils croulaient sous les manuscrits « post-confinement ». Pour les cinq autres, le texte ne convenait pas, en particulier car il ne s’inscrit pas dans un « genre » plus facilement commercialisable aujourd’hui (romance, SF, polar…).

L’école maternelle

Comme on approchait de l’été 2021, je suis tombée sur l’annonce du concours du livre non édité, organisé par les Editions Novice, sur la page FB d’« Edith et Nous », une plateforme en ligne qui propose une manière radicalement nouvelle de contacter les maisons d’édition. Un vrai bonheur pour les auteurs qui n’ont plus la corvée de devoir choisir les maisons et envoyer leur manuscrit. J’ai gagné ce concours et j’avoue avoir mis quelques heures à croire au courriel que j’ai reçu.

L’âge de raison

Le travail éditorial fait souvent peur aux auteurs, ils craignent d’être trahis ou obligés de trop modifier leur texte. Pour moi il a été un vrai régal, l’impression de ciseler chaque chapitre et chaque mot, de prendre du recul par rapport au livre tout en me l’appropriant en profondeur et en le validant. Cela a été aussi un travail d’affirmation car si la plupart des corrections étaient pertinentes d’autres non, voire contraires à ce que je voulais écrire, et il a fallu que je puisse le faire passer. Le compromis final a été dans le sens d’améliorer mes propres propositions et je me suis sentie vraiment respectée. J’ai eu un choc positif en voyant la couverture, qui correspond tout à fait au livre, alors que j’appréhendais cette étape !

Petit roman deviendra grand… Et fera des petits à son tour…

Je suis maintenant dans le monde d’après… Celui où il faut faire connaître mon roman, celui où j’ai la surprise de lire des articles, voir des infos, recevoir des posts sur les réseaux… Le temps de la communication et des échanges que j’espère nombreux. Car un livre c’est aussi un support de communication avec des lectrices et des lecteurs. Là encore, il est important de s'impliquer, de faire connaître ses écrits, de s'engager dans la promotion. Rien ne se fera sans vous. Et la suite ? La route est ouverte. Le deuxième roman, « Mauvais Genres » est terminé, et je l’ai confié à Edith et Nous. Le troisième démarre.

Bienvenue dans mon univers romanesque, et surtout, si vous portez une histoire, ne lâchez rien !

Pour les Parisiens, une super rencontre en perspective, le 23 mars !

Pour les Parisiens, une super rencontre en perspective, le 23 mars !

Liens utiles, dans l'ordre chronologique :

- The Artist Academy : https://www.the-artist-academy.fr/fr/

- Georgia Terzacou : https://www.monagentlitteraire.fr/

- Ateliers "Lire" : https://www.lire.fr/collections/ateliers-ecritures

- Frédérique Anne : http://frederiqueanne.fr/

- Edith et Nous : https://www.edithetnous.com/

Itinéraire d’un premier roman

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INVENTAIRES : UN ROMAN INTIME ET ECOFEMINISTE

par Claire Sibille

publié dans Fiction

INVENTAIRES : UN ROMAN INTIME ET ECOFEMINISTE

... et mon premier roman édité

 

Article dans Le Point du 7 février : « Les deux livres primés sont très différents. Le premier, intitulé Inventaires, est signé Claire Sibille. Il conte l'histoire croisée de trois femmes dont la vie a été bouleversée par un drame. Au fil d'une vingtaine de chapitres ciselés, l'autrice, par ailleurs psychothérapeute, dresse l'inventaire des traumas qui affectent la vie de chacun de ses personnages. Ce faisant, elle accouche d'« un livre sensible et délicat sur la transmission dans toutes les acceptions de ce mot », évoque l’écrivain Jean-Baptiste Andrea, parrain du prix ».

C’est une superbe histoire, très fine dans l’analyse psychologique, m’a-t-il confirmé en direct.

 

J’aurais pu appeler ce roman « Le Jour d’avant ». Il y a toujours un jour d’avant, avant le drame, avant l’effondrement, avant la mort, avant la fin du monde.

Mais on ne le sait qu’après.

L’histoire des personnages se termine quand j’ai moi-même terminé le livre, au tout début de l’année 2020, et a pris, étant donné la suite des évènements que nous connaissons, un petit côté prémonitoire imprévu. J’ai été tentée par la suite de rajouter un chapitre qui parlerait du basculement que la société a connu mais j’ai finalement préféré rester sur cette sensation du jour d’avant.

« Inventaires »  raconte l’histoire de trois femmes, de trois générations différentes. La mort d’un enfant les sépare. Vont-elles se retrouver ?  Voire se rencontrer ? Le thème de la maternité sous toutes ses formes et ses refus, un des cœurs de mon travail de psychothérapeute, me paraissait la base intime indispensable de mon premier roman.

Mais je ne pouvais faire autrement que de mettre en écho l’histoire de mes personnages et certains des grands enjeux de notre temps, régulièrement traités dans mon blog : l’écologie, les violences faites aux femmes, la souffrance des soignants. Je n’aime pas les histoires « hors sol ». Mes auteurs de fiction préférés, en dehors des grands maîtres de l’imaginaire ou de la SF comme Tolkien qui le traduisent autrement, sont tous inclus dans le réel socio-politique de leur époque et de leur pays[1]. Ou alors traitent de sujets très sensibles psychologiquement, de l’intime profond, enraciné dans l’enfance[2].

Un autre thème que je souhaitais traiter est celui de la mort. Aujourd’hui la mort, tout en étant omniprésente, n'a plus droit de cité, de parole.

La mort a quitté le domaine des vivants.

Et je tenais à célébrer la mort vivante. Celle qui, loin de nourrir les fantômes et d’empiler des souvenirs, accompagne les transformations de l’être. Celle que j’observe chaque jour en contact avec la Nature. Celle qui met en lien au lieu de séparer. Ce que nombre de civilisations ont compris, notre société l’a perdu, et elle panique devant l’échéance incontournable au point d’investir, pour les plus fous d’entre nous, des sommes colossales pour essayer de la vaincre tout en la diffusant partout en détruisant à cœur joie la nature et l’avenir des enfants.

Je pense que les personnages de mon livre ont appris à apprivoiser la mort. Ils ont appris à pardonner, essentiellement à eux-mêmes. Ils ont trouvé leur voie d’expression et de créativité.

Je laisse maintenant ce roman partir définitivement de moi et laisse la suite aux lecteurs.

 

PS : Si vous voulez soutenir une primo-romancière, n’hésitez pas à publier vos commentaires sur les réseaux et les sites en ligne, c’est le meilleur moyen.

Disponible dans votre librairie directement ou sur commande dès le 11 février en théorie, pour l'instant j'ai repéré  :

Les petites librairies indépendantes, déjà disponible :

https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782492301087-inventaires-claire-sibille/

Et en ligne, un extrait :

https://www.decitre.fr/livres/inventaires-9782492301087.html

Et la FNAC, une excellente présentation :

https://livre.fnac.com/a16609205/Claire-Sibille-Inventaires

Il commence à apparaître ailleurs...

Page FB dédiée à mes livres :@Clairesibilleecrivaine  https://www.facebook.com/Clairesibilleecrivaine/

Compte Instagram, vient de naître : https://www.instagram.com/clairesibilleecriture/

 

 

[1] Richard Powers, Gabrielle Filteau-Chiba, Deon Meyer, Olivier Norek, Caryl Ferey,…

[2] Jean-Baptiste Andrea, Clara Dupont-Monod, Laetitia Colombani,…

INVENTAIRES : UN ROMAN INTIME ET ECOFEMINISTE
Un article parmi d'autres. Merci au soutien reçu.

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