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cette societe - c'est la notre !

LÂCHE-MOI LES TENTACULES !!!

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre !

LÂCHE-MOI LES TENTACULES !!!

Signé : LA PIEUVRE.

Billet d’humeur en colère

 

Résumé : Des hommes destructeurs, on dit d'eux, sans voir, ni réfléchir, qu'ils sont des bêtes. Que doivent penser les bêtes alors, en regardant les hommes ?

S’il y a une chose qui me rend dingue, c’est bien d’entendre parler aux infos ou dans la rue – je ne vais pas au café du commerce – de :

  •  la pieuvre mafieuse du narcotrafic qui engage des fourmis comme petites mains,
  • des rapaces de la tech ou du pétrole qui s’en mettent plein les poches sur notre dos courbé,
  • d’entendre traiter de rat ou de vautour un type près de ses sous ou un arnaqueur, de chien un gars que l’on méprise,
  • de voir le mot singe utilisé comme insulte raciste alors qu’il devrait être un compliment.

Et si l’on va voir du côté des expressions, ce n’est pas mieux.

Payer en monnaie de singe et devenue synonyme d’escroquer, même si ce n’est pas la véritable origine[1] de l’expression.

Verser des larmes de crocodiles fait de vous un escroc émotionnel, et si vous avez une araignée au plafond, vous êtes un illuminé, un fou ou un idiot (respect d'ailleurs en passant pour les fous, les illuminés et les idiots). Mais nous ne savons rien des émotions des crocodiles et l’intelligence de l’araignée pourrait en remontrer à nombre d’entre nous.

Vous pouvez aussi être un parfait pigeon ou bavard comme une pie, avoir une cervelle de moineau, sortir par un temps de chien, ou avoir d’autres chats à fouetter. Et oui, même les chats, mieux traités que beaucoup d’autres, se retrouvent à devoir subir nos coups de fouet si nous sommes impatients.

Et que diriez-vous d'hériter des maladies supposées des animaux, en vous retrouvant brebis galeuse ou canard boiteux, insultes très répandues en ce moment dans certaines sphères politiques.

Pourquoi notre langage humain, car ce n’est pas propre au français, traite-t-il si mal les animaux ? Je donne ma langue au chat

Ou plutôt non, je sais pourquoi. C’est un abus de pouvoir de plus d’une société patriarcale qui méprise la nature et veut l’exploiter tout en s’en détachant. Une société où la rationalité, du haut de sa prétendue pyramide de savoir, prend les animaux comme bouc émissaire des lacunes et supposées faiblesses… des autres. Une société qui dénigre l’altérité, au lieu de s’en émerveiller et de la contempler, où qu’elle soit, y compris à l’intérieur même de l’humanité. La diversité du Vivant devient l'occasion de créer un ordre hiérarchique - c'est-à-dire étymologiquement sacré - , et je vous laisse deviner qui se situe en haut de cette pyramide trompeuse, injuste et injustifiée, mais à la toxicité puissante et indétrônée depuis des millénaires. À croire que comme pour certains hommes violents ne pouvant plus détruire autour d’eux, le suicide sera leur seule option, entraînant une grande partie du vivant avec eux.

Et cette nature méprisée inclut aussi les femmes et les enfants. Car c’est le même langage qui juge hystérique une femme en colère, alors que celle d’un homme est signe de force ou d’affirmation, ou puérile (du mot puer = enfant) toute manifestation émotionnelle, demande de soutien, ou comportement incompréhensible.

Les pieuvres ne font pas de trafic de drogue ni de blanchiment d’argent, les chiens se protègent comme nous des météos agressives et les singes sont exploités en Thaïlande comme des esclaves pour aller cueillir des noix de coco[2] sans être payés, même en « monnaie de singe ».

Bref.

Fichons-leur la paix déjà dans notre langage.

Une humanité qui massacre des dizaines de milliers de ses enfants, par les bombes, la famine ou l’exploitation, n’a pas son mot à dire, et surtout ces mots-là, sur le Vivant qui essaie de lui survivre.

 

 

 

Rajout du 17/3/26 : Suite à des commentaires, j'en ai trouvé d'autres, par exemple pourquoi avons-nous une telle langue de vipère envers les animaux, qui nous font tant de bien à nous qui leur faisons tant de mal. Et ce matin à la radio j'entendais un commentateur appeler les ultra-riches qui dépècent le monde et l'humanité, des grands fauves. Tristesse. Mais même vautours ne leur va pas, les vautours font un travail très utile. Même le terme prédateur, j'en ai parlé dans un autre article, utilisé pour parler des criminels sexuels est une aberration. Car le prédateur est utile, il manque beaucoup en France auprès des sangliers et des chevreuils, et son absence justifie (de leur point de vue) les chasseurs. Que l'on n'appelle pas prédateurs. Eux, ils ne sont que des préleveurs.

Rajout du 21/3/26 :

Avant le deuxième tour des municipales, les concurrents se traitent de  blaireau et de tous les noms d’oiseaux, une alternative pour celleux qui ne veulent pas tomber dans le pire, comme cela s’est entendu ici et là. Parmi ses malheureux oiseaux, le butor est un des plus instrumentalisés. Connaissez-vous ce merveilleux oiseau, le butor étoilé, si difficile à observer, au chant si envoûtant [3] ? Difficile de le mettre en lien avec le genre d’homme à qui cette insulte est généralement dédiée.

D’ailleurs, dans Cyrano de Bergerac, quand le vicomte le traite de « butor de pied plat ridicule », Edmond Rostand remet les êtres à leur place :

Le Vicomte Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule !

Cyrano : ôtant son chapeau et saluant comme si le vicomte venait de se présenter. Ah?... Et moi, Cyrano-Savinien-Hercule De Bergerac.

Je crois que je n’en n’ai pas fini avec cette réflexion, et tout ce qu’elle implique de profond, du mépris de notre société patriarcale pour tous les vivants qui ne sont pas les clones de ceux identifiés comme en étant le sommet.

 

 

Lâche-moi les tentacules !

Lâche-moi les tentacules !

Et si vous voulez vous interroger environ une fois par mois, le plus souvent avec humour (mais pas toujours) sur des questions de ce genre, n'hésitez pas à vous abonner à la newsletter de ce blog.

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SAUVONS LE BENEVOLAT !

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre !

SAUVONS LE BENEVOLAT !

Contre l’Humanicide et l’Écocide, les petits pas des petites mains …

 

Résumé : De Cyril Dion à Claire Nouvian, en passant par votre voisine obsédée par le zéro déchet ou la protection des chauve-souris (je suis concernée par les deux J ), tout le monde le dit : pour sortir de l’impuissance, il n’y a que l’action joyeuse. Mon action aujourd’hui, c’est d’écrire cet article, hommage au bénévolat. Et vous, n’hésitez pas à mettre votre dernière action bénévole, ou la dernière association que vous avez soutenu en commentaire !

 

Que ferions-nous sans nous ?

 

Aujourd’hui cela fait 40 ans que la France a besoin des restos du cœur pour compenser ses déséquilibres outranciers de niveaux de vie, déséquilibres dont les milliers d’enfants dormant dans la rue dans notre pays sont un étendard choquant, le mot est faible.

Dans un autre registre, la Recycl’Let (https://www.facebook.com/lasseube.entransition), la recyclerie de Lasseube, le village où je vis, va bientôt pendre la crémaillère suite à l’ouverture de son nouveau local, entièrement réalisé par des bénévoles aussi doués qu’engagés. Cette recyclerie a été mise en place au bout de quelques années par l’association Lasseube en Transition à la naissance de laquelle j’ai eu la chance de participer, une association humaniste et écologique comme on en voit fleurir de plus en plus un peu partout depuis la société civile, pour le bien-être de nos villes et village. Mais surtout pour essayer de sauver les meubles, y compris au sens littéral, dans un monde dont le côté suicidaire est de plus en plus visible.

Je suis souvent bluffée d’apprendre dans les médias l’existence de telle ou telle association focalisée sur tel ou tel sujet bien précis et important, un sujet qui sans les bénévoles passerait sous les radars.

Savez-vous par exemple qu’en France 4 millions de femmes, en particulier des jeunes, sont en précarité menstruelle, au point parfois de devoir fourrer n’importe quoi dans leur culotte quand elles ont leurs règles ? Je n’aurais jamais imaginé ce chiffre avant de l’entendre aux infos. Et qui parmi vous connait l’association Règles Élémentaires (https://www.regleselementaires.com), dont les bénévoles luttent contre cette réalité ?

Savez-vous que cette année pour la première fois je n’ai vu aucune guêpe ni même frelon venir se gaver des coings, pommes et figues de mon jardin ? Et qui parmi vous connait l’association OPIE (Office pour les insectes et leur environnement, super site : https://www.insectes.org/ ) qui essaie de lutter contre la disparition de ces mal-aimés indispensables ?

Vous pouvez aussi tricoter pour l’Ukraine, ses enfants, ses soldats, collecter des dons pour Gazaa ou aider les habitants de l’Aude qui ont vu leur maison et leur terre partir en fumée. Vous pouvez écrire un article dans Wikipédia pour réduire l’effet de genre et donner plus de place aux femmes. Et si vous n’avez pas de temps disponible, vous pouvez soutenir financièrement nombre d’associations qui font le job, ou scroller utile en signant une pétition en ligne entre deux commandes de courses. Ou prendre un sac poubelle pour faire le ménage sur la plage entre deux baignades.

Le bénévolat est un des fleurons de nos démocraties. Dans tous les pays existe la solidarité en cas d’urgence, de guerre ou de catastrophe naturelle. Dans tous les pays vous trouverez des voisins qui aident et d’autres qui tournent le dos. Mais le bénévolat demande du temps et/ou de l’argent qui ne soient pas consacrés à la survie. Et ils deviennent rares les pays où une partie de la population peut se permettre ce luxe. Combien de pays parmi les 198 qui composent notre humanité peuvent consacrer de l’énergie au bénévolat ? Combien d’entre eux ont au contraire un besoin vital de bénévoles venus d’autres pays ?

Des choix politiques aussi importants que le choix de l’âge de la retraite ont un effet immédiat sur le bénévolat, sans que cela soit en général pris en compte. En effet, sans dénier l’engagement des jeunes, vous lirez dans mon récent article « Militer sans s’effondrer » ( https://www.clairesibille.fr/2025/09/militer-sans-s-effondrer.html ),  que je milite depuis l’âge de 14 ans, ce sont quand même les personnes dégagées des charges de travail et de famille qui font tourner la plupart des associations.

Comme le montrent bien malgré eux les restos du cœur au bout de 40 ans, si vous enlevez le bénévolat, ce n’est rien moins qu’une société qui s’effondre.

 

Contre l’Humanicide et l’Écocide, les petits pas des petites mains …

Humanicide : Destruction de l’espèce humaine par une personne, un groupe, une substance.

Écocide : Destruction ou endommagement irrémédiable d'un écosystème par un facteur anthropique (provoqué par l’homme), notamment par un processus de surexploitation de cet écosystème.

 

Ces deux termes, Humanicide et Écocide, viennent de naître dans la grande histoire des mots, ils ont au mieux quelques décennies pour le second, quelques années pour le premier. Comme le mot féminicide, ils permettent de nommer des phénomènes qui étaient auparavant noyés et invisibilisés dans des réalités plus vastes, ou simplement plus floues.

Ces deux mots permettent de répondre au sentiment d’urgence que ressentent de plus en plus de personnes sur ce qui arrive aujourd’hui à notre humanité.

De la même manière, les mots interdits dans d’autres pays permettent de se rendre compte de ce qui est en priorité menacé : la diversité, la planète, les femmes et les enfants.

C’est-à-dire le Vivant.

C’est de cela qu’il s’agit, de détruire le Vivant.

C’est pour cela que j’aurais bien rajouté le mot biocide pour résumer cette frénésie de sang frais qui anime nombre des dirigeants de notre planète, mais ce terme a déjà été utilisé pour l’action bien précise de tuer des espèces considérées comme nuisibles pour l’homme.

Dommage.

Sauf à envisager que l’homme est l’espèce la plus nuisible pour l’homme …

C’est contre ces crimes qu’œuvrent chaque jour les bénévoles.

Car l’entraide et la solidarité font partie intégrante du Vivant.

La loi de la Jungle ? C’est avant tout celle de la diversité et de la créativité infinies, ainsi que des symbioses et des partenariats improbables entre des formes de vie parfois à l’opposé l’une de l’autre.

C’est cette loi qui permet à des milliards d’êtres qui pourraient sembler irréconciliables de cohabiter.

Alors, oui, vraiment, que ferions-nous sans nous ?

Et, question subsidiaire, avons-nous vraiment besoin d’eux ?

 

 

 

La recyclerie de Lasseube en transition collabore avec le Secours Populaire, entre autres.

La recyclerie de Lasseube en transition collabore avec le Secours Populaire, entre autres.

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