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cette societe - c'est la notre !

SAUVONS LE BENEVOLAT !

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre !

SAUVONS LE BENEVOLAT !

Contre l’Humanicide et l’Écocide, les petits pas des petites mains …

 

Résumé : De Cyril Dion à Claire Nouvian, en passant par votre voisine obsédée par le zéro déchet ou la protection des chauve-souris (je suis concernée par les deux J ), tout le monde le dit : pour sortir de l’impuissance, il n’y a que l’action joyeuse. Mon action aujourd’hui, c’est d’écrire cet article, hommage au bénévolat. Et vous, n’hésitez pas à mettre votre dernière action bénévole, ou la dernière association que vous avez soutenu en commentaire !

 

Que ferions-nous sans nous ?

 

Aujourd’hui cela fait 40 ans que la France a besoin des restos du cœur pour compenser ses déséquilibres outranciers de niveaux de vie, déséquilibres dont les milliers d’enfants dormant dans la rue dans notre pays sont un étendard choquant, le mot est faible.

Dans un autre registre, la Recycl’Let (https://www.facebook.com/lasseube.entransition), la recyclerie de Lasseube, le village où je vis, va bientôt pendre la crémaillère suite à l’ouverture de son nouveau local, entièrement réalisé par des bénévoles aussi doués qu’engagés. Cette recyclerie a été mise en place au bout de quelques années par l’association Lasseube en Transition à la naissance de laquelle j’ai eu la chance de participer, une association humaniste et écologique comme on en voit fleurir de plus en plus un peu partout depuis la société civile, pour le bien-être de nos villes et village. Mais surtout pour essayer de sauver les meubles, y compris au sens littéral, dans un monde dont le côté suicidaire est de plus en plus visible.

Je suis souvent bluffée d’apprendre dans les médias l’existence de telle ou telle association focalisée sur tel ou tel sujet bien précis et important, un sujet qui sans les bénévoles passerait sous les radars.

Savez-vous par exemple qu’en France 4 millions de femmes, en particulier des jeunes, sont en précarité menstruelle, au point parfois de devoir fourrer n’importe quoi dans leur culotte quand elles ont leurs règles ? Je n’aurais jamais imaginé ce chiffre avant de l’entendre aux infos. Et qui parmi vous connait l’association Règles Élémentaires (https://www.regleselementaires.com), dont les bénévoles luttent contre cette réalité ?

Savez-vous que cette année pour la première fois je n’ai vu aucune guêpe ni même frelon venir se gaver des coings, pommes et figues de mon jardin ? Et qui parmi vous connait l’association OPIE (Office pour les insectes et leur environnement, super site : https://www.insectes.org/ ) qui essaie de lutter contre la disparition de ces mal-aimés indispensables ?

Vous pouvez aussi tricoter pour l’Ukraine, ses enfants, ses soldats, collecter des dons pour Gazaa ou aider les habitants de l’Aude qui ont vu leur maison et leur terre partir en fumée. Vous pouvez écrire un article dans Wikipédia pour réduire l’effet de genre et donner plus de place aux femmes. Et si vous n’avez pas de temps disponible, vous pouvez soutenir financièrement nombre d’associations qui font le job, ou scroller utile en signant une pétition en ligne entre deux commandes de courses. Ou prendre un sac poubelle pour faire le ménage sur la plage entre deux baignades.

Le bénévolat est un des fleurons de nos démocraties. Dans tous les pays existe la solidarité en cas d’urgence, de guerre ou de catastrophe naturelle. Dans tous les pays vous trouverez des voisins qui aident et d’autres qui tournent le dos. Mais le bénévolat demande du temps et/ou de l’argent qui ne soient pas consacrés à la survie. Et ils deviennent rares les pays où une partie de la population peut se permettre ce luxe. Combien de pays parmi les 198 qui composent notre humanité peuvent consacrer de l’énergie au bénévolat ? Combien d’entre eux ont au contraire un besoin vital de bénévoles venus d’autres pays ?

Des choix politiques aussi importants que le choix de l’âge de la retraite ont un effet immédiat sur le bénévolat, sans que cela soit en général pris en compte. En effet, sans dénier l’engagement des jeunes, vous lirez dans mon récent article « Militer sans s’effondrer » ( https://www.clairesibille.fr/2025/09/militer-sans-s-effondrer.html ),  que je milite depuis l’âge de 14 ans, ce sont quand même les personnes dégagées des charges de travail et de famille qui font tourner la plupart des associations.

Comme le montrent bien malgré eux les restos du cœur au bout de 40 ans, si vous enlevez le bénévolat, ce n’est rien moins qu’une société qui s’effondre.

 

Contre l’Humanicide et l’Écocide, les petits pas des petites mains …

Humanicide : Destruction de l’espèce humaine par une personne, un groupe, une substance.

Écocide : Destruction ou endommagement irrémédiable d'un écosystème par un facteur anthropique (provoqué par l’homme), notamment par un processus de surexploitation de cet écosystème.

 

Ces deux termes, Humanicide et Écocide, viennent de naître dans la grande histoire des mots, ils ont au mieux quelques décennies pour le second, quelques années pour le premier. Comme le mot féminicide, ils permettent de nommer des phénomènes qui étaient auparavant noyés et invisibilisés dans des réalités plus vastes, ou simplement plus floues.

Ces deux mots permettent de répondre au sentiment d’urgence que ressentent de plus en plus de personnes sur ce qui arrive aujourd’hui à notre humanité.

De la même manière, les mots interdits dans d’autres pays permettent de se rendre compte de ce qui est en priorité menacé : la diversité, la planète, les femmes et les enfants.

C’est-à-dire le Vivant.

C’est de cela qu’il s’agit, de détruire le Vivant.

C’est pour cela que j’aurais bien rajouté le mot biocide pour résumer cette frénésie de sang frais qui anime nombre des dirigeants de notre planète, mais ce terme a déjà été utilisé pour l’action bien précise de tuer des espèces considérées comme nuisibles pour l’homme.

Dommage.

Sauf à envisager que l’homme est l’espèce la plus nuisible pour l’homme …

C’est contre ces crimes qu’œuvrent chaque jour les bénévoles.

Car l’entraide et la solidarité font partie intégrante du Vivant.

La loi de la Jungle ? C’est avant tout celle de la diversité et de la créativité infinies, ainsi que des symbioses et des partenariats improbables entre des formes de vie parfois à l’opposé l’une de l’autre.

C’est cette loi qui permet à des milliards d’êtres qui pourraient sembler irréconciliables de cohabiter.

Alors, oui, vraiment, que ferions-nous sans nous ?

Et, question subsidiaire, avons-nous vraiment besoin d’eux ?

 

 

 

La recyclerie de Lasseube en transition collabore avec le Secours Populaire, entre autres.

La recyclerie de Lasseube en transition collabore avec le Secours Populaire, entre autres.

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DESSINER DES DRAPEAUX

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre !

DESSINER DES DRAPEAUX

 

Aujourd’hui j’ai 7 ans et je dessine des drapeaux sur mon cahier d’écolière.

C’est une joie. Une liberté.

Cette diversité.

Ces couleurs qui se parlent et se marient.

Ces ailes qui flottent au vent.

 

Aujourd’hui je n’ai plus 7 ans et je dessine des drapeaux choisis.

Mais j’aimerai dessiner les 198 drapeaux, des 198 pays du monde. Et un pour la Terre aussi.

Mais je dois faire un choix.

Gaza. Car c’est trop dur d’assister à un génocide sans pouvoir rien faire. C’est trop dur de comprendre en tant que psy comment certains hommes instrumentalisent les victimes du passé - y compris le passé récent, celui du 7 octobre – pour devenir les bourreaux d’aujourd’hui.

Israël. Pour penser à toutes celles et ceux qui réclament la paix.

Ukraine. Pour ne pas oublier que laisser la guerre s’introduire par une porte dérobée, on a déjà connu.

Afghanistan. Pour ne pas oublier mes sœurs interdites de tout sauf de respirer. Pour l’instant.

Congo. Pour ne pas oublier les viols et les tortures qu’y subissent les femmes et les enfants et l’homme qui tente de les réparer, avec toute son équipe.

USA. Pour essayer de croire que le ridicule ne va pas les tuer. Pour de vrai.

France aussi. Pour la gratitude d’avoir eu la chance de naître et de vivre dans un pays où je peux partager cet écrit.

 

Aujourd’hui je préfère avoir 7 ans et je dessine des drapeaux sur mon cahier d’écolière  

C’est une joie. Une liberté.

Cette diversité.

Ces couleurs qui se parlent et se marient.

Ces ailes qui flottent au vent …

Je ne peux rien faire de plus.

 

Quelques feuilles d'automne ...

Quelques feuilles d'automne ...

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