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LE DÉLUGE, UN LIVRE À LIRE AU COIN DES FEUX …

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre ! , Ecothérapie , Fiction

LE DÉLUGE,

UN LIVRE À LIRE AU COIN DES FEUX …

Chronique littéraire et intime

Résumé : Le Déluge de Stephen Markley fait partie des livres dont je me demande pourquoi je ne les ai pas lus plus tôt, la traduction française date de 2024, jusqu’à ce que je comprenne pourquoi il fallait que je le lise à ce moment-là.

Ce moment-là, c’est l’année 2026, celle où même les français les plus adeptes du déni, les plus accrochés à l’ancien monde du consumérisme effréné de certain.es au prix de l’esclavage effréné d’autres, ont du mal à tenir leurs arguments face au cycle inondations-sécheresse-canicule-mégafeux qui ravage notre pays.

La fin de notre monde n’est plus celle d’un ouragan lointain ou de méga-feux en Californie ou au Canada.

Elle est là, tout près, visible et sensible à l’œil nu.

Cela fait des décennies que je milite pour la protection du Vivant et la prise de conscience de la destruction de la planète au profit de quelques privilégiés avides et surpuissants que les gouvernements laissent faire pour des raisons diverses, depuis la plus basique des corruptions, jusqu’au chantage à l’emploi, en passant par le court-termisme, la puissance de la force d’inertie, et, pour les plus humanistes, la multiplicité des enjeux, guerres, famines, catastrophes climatiques, violences faites aux femmes et aux enfants, explosion des racismes …

Où mettre la priorité quand tout se délite ? C’est la même question que se pose un médecin face à un corps usé à bout de vie, dont tous les organes disent stop en même temps.

Alors la société stagne (ou presque) et les écolos dans mon genre alternent des phases de lâcher-prise, la vie quotidienne est déjà assez compliquée comme ça, et de crises militantes avec décisions radicales comme devenir végétarien, ne plus tolérer le plastique même si ça fai(sai)t rire les marchands jusqu’à il n’y a pas si longtemps, manifester, participer et soutenir le plus d’associations possibles, la plus ancienne étant Greenpeace que mes parents soutenaient déjà quand j’étais petite. Cela fait aussi longtemps que j’écris des articles, des chroniques, et que je mets cette conscience dans mes livres aussi.

Car l’écriture et la lecture restent, même dans notre univers numérique, de remarquables outils de prises de conscience et de croissance intérieure, d’où l’importance de ne pas les déléguer à l’IA.

Dans ce parcours, beaucoup de livres ont été des jalons de prise de conscience, de motivation renouvelée, de vision plus complexe des enjeux, j’en ai fait l’écho dans diverses chroniques. La plupart du temps c’était des essais, et parfois des dystopies.

Mais cela fait assez peu de temps que des romans s’emparent de ce sujet sans en faire une dystopie ou un livre de SF, ces histoires auxquelles personne ne croit vraiment, aussi peu qu’aux requins mangeurs d’hommes et aux dinosaures réssucités.

Le Déluge fait partie de ces fictions transformatrices. Juste un roman du présent avec un peu d’anticipation. Crédible. Trop crédible.

J’ai vécu une expérience assez incroyable en ce mois de juillet 2026, que je n’aurais pas vécu aussi fortement en 2024. Au fur et à mesure que j’avançais dans ce pavé de plus de mille pages, je voyais se dérouler le contenu du livre dans l’actualité. À certains moments forts c’était irréel, je ne savais plus si je pleurais pour les millions d’animaux morts dans les feux, pour les personnes effondrées devant leur maison brûlée, pour les pompiers en burnout, ou pour un chapitre particulièrement poignant du roman.

Le Déluge est un roman extrêmement bien documenté sur le plan scientifique, 10 ans de recherches pour l’auteur qui est aussi journaliste, et très bien écrit. Les nombreux personnages du roman représentent chacun un profil type de notre société, mais jamais caricaturaux. Le roman démarre en 2013 et se termine dans les années 50 et on y croit, parce que le travail d’imagination créatrice et d’anticipation de l’auteur est en train de se dérouler sous nos yeux. Non seulement la catastrophe écologique, la destruction du Vivant, les migrations de personnes acculées, mais aussi la puissance des lobbies des énergies fossiles, la montée des extrêmes, et en particulier de l’extrême-droite, les explosions de violence, les guerres de survie, de territoire, les hommes et femmes politiques tristement accroché.es à des enjeux d’égo, de pouvoir, de richesse ou, pour les meilleur.es, rendu.es impuissant.es par la force des lobbies et celle des masses manipulées par les réseaux.

Chaque personnage est fouillé, non seulement dans son rôle politique, social, scientifique, mais aussi intime et personnel. C’est une des grandes forces de ce livre de développer chaque personnage comme si il ou elle était le héros ou l’héroïne central.e du roman.

Anecdote. Je me rappelle qu’une professionnelle à qui j’avais confié la lecture d’un de mes romans m’avait dit qu’il y avait trop de personnages développés, que la lectrice ou le lecteur ne pouvait suivre qu’un ou deux personnages dans un livre. Et dans mon roman il y en avait six dont j’avais nourri l’histoire et la personnalité. Là il y en a au moins trente … J !

Et je vous dis : foncez !

Ce qu’un livre apporte et que n’apporte rien d’autre c’est la possibilité de plonger pendant des jours dans un univers qui va se déployer dans notre cerveau avec nos images (contrairement aux séries ou aux films), nos sensations, et c’est en cela qu’il peut être un média essentiel de transformation intime et politique.

Revenue sur terre à la fin du livre, j’ai mis des jours à me défaire de ce sentiment de continuité entre le livre et la réalité qui se déroulait sous mes yeux.

L’auteur n’amène aucune réponse définitive mais beaucoup de solutions possibles et accessibles, et même un programme politique de dernière chance formidable, je voterais sans hésiter pour celle ou celui qui oserait le proposer !

 

Et reste une seule question lancinante :

Dans quel monde vivons-nous, dans quel monde voulons-nous vivre,

Quel monde voulons-nous pour nos enfants,

Et quel prix sommes-nous prêts à payer pour cela ?

Les post-its montrent à quel point ce livre m'inspire !Les post-its montrent à quel point ce livre m'inspire !

Les post-its montrent à quel point ce livre m'inspire !

Dans le même genre, mais beaucoup plus court, trois images pour présenter une bd qui reprend un roman. Les deux sont formidables.
Dans le même genre, mais beaucoup plus court, trois images pour présenter une bd qui reprend un roman. Les deux sont formidables.
Dans le même genre, mais beaucoup plus court, trois images pour présenter une bd qui reprend un roman. Les deux sont formidables.

Dans le même genre, mais beaucoup plus court, trois images pour présenter une bd qui reprend un roman. Les deux sont formidables.

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Claire

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Le traumatisme : sortir du déni !

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre ! , La psychothérapie - de quoi ça parle , Le métier de Psychothérapeute , On peut choisir sa famille , Fiction

Le traumatisme : qui n'est pas concerné ?

La sortie du déni : une étape essentielle et douloureuse

 

Une xième étude de l'Université de Lille sur sa population étudiante, trouvée dans le journal Le Monde du 25/11/21, nous dit que plus de 64 % des 1215 étudiants interrogés rapportent avoir été victimes de violences sexuelles depuis l’âge de 15 ans, près de 78 % des femmes et 27 % des hommes. Chiffres qui peuvent paraître ahurissants, mais qui sont le reflet de notre société.

Je me rappelle un des groupes de psychothérapie que j'animais, où une des participantes était gênée de dire qu'elle n'avait connu aucune violence sexuelle... Et encore nous sommes en France. L'intérêt des études de ce genre est de montrer que ce comportement n'est pas l'apanage d'une quelconque "racaille", nos ministres, députés et autres animateurs de télévision ne diront pas le contraire, mais concerne l'ensemble de la population. Et que l'homosexualité n'est pas non plus à l'abri des dérives du "masculin toxique".

Il y a quand même quelque chose de positif, nous sortons du déni. Quand je dis "nous", c'est la toute petite frange de la population qui s'intéresse à la réflexion sur ces questions. Car comme le dit très bien la journaliste Anne Rosencher : "notre conversation publique est un vase-clos pour diplômés autocentrés". Quelque chose que je ressens trop dans la littérature, elle a juste oublié "parisiens" ! Or il faut parler, partout, de ce que subissent les femmes, les enfants et une partie des hommes non négligeable. C'est la grande motivation qui m'a conduite à l'écriture de ce recueil, dans toute sa complexité car associant fiction, articles, liens utiles et illustrations, fruit de trente ans d'expérience d'accompagnement du psychotraumatisme. Car au-delà des violences sexuelles, il y a toutes les autres, qui ne sont pas moins traumatisantes. Un enfant qui assiste aux coups que son père ivre donne à sa mère, une petite fille humiliée en classe par un maître rigide qui n'a rien à faire devant des enfants, les coups bien sûr, mais aussi les mots, les insultes, le dénigrement systématique... Sans parler des angoisses de fin du monde par la guerre ou la pollution.

Que faire de cette rage ? La transformer en violence et devenir soi-même un élément "toxique" de la société ? C'est la réponse la plus fréquente. La retourner contre soi dans un processus d'auto-destruction qui peut prendre toutes les formes, jusqu'au suicide ?

Ou la transformer en créativité et en pouvoir d'action ?

Se sentir bien, ce n'est pas nier le réel en plongeant dans la "psychologie positive" et le "feel good story".

Se sentir bien c'est regarder le monstre dans les yeux et ne pas se laisser sidérer. La mythologie, que j'utilise dans mon recueil, nous raconte l'histoire de Méduse et de Pégase, son fils, le cheval ailé, qui nait de l'affrontement du traumatisme par le héros Persée, quand celui-ci tranche la tête de la Gorgone. Évidemment, j'interprète ce mythe à la lumière de la psychotraumatologie mais il veut dire beaucoup, surtout quand on sait que Méduse, celle qui transforme celui qui la regarde en pierre, a été elle-même victime de viol.

Je vous invite donc à travers la lecture de ce recueil, à regarder Méduse au fond des yeux, lui trancher la tête, et vous envoler tel Pégase sur les ailes de la créativité.

Claire Sibille

Écrivaine, psychothérapeute

Dernières parutions :

Inventaires (2022), un roman écoféministe

Le jeûne, une thérapie des émotions ? (2021)

Juste un (très) mauvais moment à passer (2022)

Le traumatisme : sortir du déni !

Quatrième de couverture :

Survivre à l'enfance et à l'adolescence, ce n'est pas simple. Ces nouvelles noires, illustrées et augmentées de ressources et références, nous font partager les vies difficiles de personnages vivants et attachants : Sonia, Bastien, Tom et les autres. Leurs souffrances, leurs émotions, leur vitalité et leur combativité nous plongent au coeur de l'expérience traumatique. Vivre sa différence sexuelle, subir un viol, l'inceste, souffrir de boulimie et d'obésité, être maltraité au quotidien et s'en sortir ou, devenue adulte, souffrir d'une dépression post-partum, sont quelques-unes des épreuves qu'ils doivent traverser. L'auteure, par ailleurs psychothérapeute, se consacre à l'évolution du lien familial et la résilience possible suite aux graves traumatismes que les adulte font trop souvent subir aux enfants. Elle puise dans sa vie personnelle et professionnelle les ressources proposées pour que ces histoires ne soient, pour celles et ceux qui les vivent, que... ...Juste un (très) mauvais moment à passer ! Deuxième édition corrigée et augmentée

Le dessin illustrant un des articles du recueil "Juste un (très) mauvais moment à passer !"

Le dessin illustrant un des articles du recueil "Juste un (très) mauvais moment à passer !"

OÙ TROUVER LE LIVRE : JUSTE UN (TRÈS) MAUVAIS MOMENT À PASSER ?

Sur les librairies en ligne, ou sur le site des librairies indépendantes : https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782322456666-juste-un-tres-mauvais-moment-a-passer-nouvelles-noires-et-ressources-pour-en-sortir-illustr-claire-sibille/

Chez votre libraire sur commande.

Localement, à l'Escapade à Oloron.

 

Juste un (très) mauvais moment à passer :

De quoi ça parle ?

Condensé de la table des matières

 

Les thèmes abordés et les ressources, les titres des nouvelles :

L’inceste : LE PIED DANS L’ENGRENAGE et  OÙ IL EST PAPA ?

L’orientation sexuelle : GAY PRIDE

Article : La part du lion (1) : Le traumatisme, qui n’est pas concerné ?

L’alcoolisation des jeunes : JAMAIS DEUX SANS TROIS

La fin de vie en lien avec les traumas de l’enfance : LA PASSEUSE

Les troubles alimentaires de l’enfance et de l’adolescence : UN APPÉTIT D’OGRE

Article : Raconter des histoires ? Mais quelles histoires ?

La maltraitance dans les familles bourgeoises : LES BRUTES

La maltraitance par les tiers extérieurs à la famille : LES BONNES

Article : La Part du lion (2) : Le traumatisme, un grand sujet

Le Viol : URGENCE

Les problèmes de la maternité en lien avec les traumas de l’enfance : BABY BLUES

Article : Bien après les coups … la résilience !

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