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cette societe - c'est la notre !

« Encabanée », un livre dont on ne peut pas sortir… Et tant qu’à faire : pourquoi j’ai changé de prénom !

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre ! , Ecothérapie , Des livres profonds ... comme une psychothérapie !

« Encabanée », un livre dont on ne peut pas sortir…

Et tant qu’à faire : pourquoi j’ai changé de prénom !

 

Du fond de ma cabane, je lis « Encabanée » de Gabrielle Filteau-Chiba. Il y a des livres qui osent sortir des sentiers battus, des livres qui soutiennent des combats essentiels tout en racontant une histoire prenante. « Encabanée » en fait partie. Les combats de Gabrielle sont les miens : féminisme et écologie, autrement dit éco-féminisme, la porte de sortie pour notre monde épuisé par des millénaires de patriarcat prédateur.

Dans ma cabane il fait chaud, l’été indien béarnais est là. Un peu trop chaud peut-être ? 30° à la fin du mois d’octobre en milieu d’après-midi, difficile de considérer cela comme normal. Mais je profite des couleurs, de la chaleur, de la présence des arbres, de l’incroyable chant des oiseaux. Je profite des papillons et des sauterelles. Se croient-ils tous au Printemps ?

La terre est aride, les feuilles se dessèchent aussitôt tombées, pas question de les brûler sous peine de contribuer à l’incendie du monde. Il y a déjà assez de pyromanes sans vouloir en rajouter. La plupart se présentent comme des pompiers mais attisent le feu dès qu’ils sortent des lumières médiatiques. Les maîtres du monde sont des pompiers pyromanes, en France comme au Québec à en croire la lecture d’ « Encabanée ». Ils sont arrivés au stade d’incendier leur propre maison et celles de leurs voisins innocents, aveuglés par l’avidité, rendus fous par la brillance de l’or qui leur cache celle du feu.

Dans ma cabane il fait chaud, dans celle de Gabrielle il fait très froid. -40° à l’extérieur, elle ne dit pas combien à l’intérieur, mais elle apprécie le jour où un chat errant vient lui servir de bouillotte. Et encore plus celui où un homme errant vient lui servir de couette.

Ce livre parle d’une rupture radicale avec une vie d’avant faite de confort et de consommation. Les ruptures radicales je connais bien. Mais pour la confrontation aux forces de la nature, je n’ai jamais été plus bas que les 4° dans ma chambre, la douche et la vaisselle à l’eau froide. Je n’ai jamais fait pire que dormir dans un fossé ou dans un champ de maïs et subir un orage dans la nuit en pleine montagne. Je n’ai jamais affronté de bande de coyotes affamés, juste un taureau en colère, une vache gourmande et un troupeau de cochons semi-sauvages ressemblant à des sangliers préhistoriques ! J’ai de la marge. J’ai un homme qui coupe le bois avec lequel j’allume le feu. Ça aide. Gabrielle coupe son bois toute seule, et il en faut du bois quand il fait -40°.

Personne ne comprend ses choix de vie. Ce sentiment je peux aussi le reconnaître, à chaque rupture le contexte change. Que reste-t-il de nos amours ? De nos ami.e.s ? De notre famille ? Faut-il à chaque fois tout reconstruire ? Est-ce tolérable de vivre plusieurs vies en une seule, des vies radicalement différentes qui transforment l’étape précédente en lointain passé, voire en l’histoire de quelqu’un d’autre ? Un ancêtre oublié ou une amie égarée peut-être ? Mais plus « moi ». Reste-t-il quelque chose d’une identité constante ? Il faut la chercher très loin pour la trouver, aux fins fonds de l’enfance et quelque part ailleurs aussi, par exemple dans le fil conducteur de l’écriture, dans les liens proches qui se réinventent et passent la frontière de mondes différents, dans l’amour qui impose ses priorités. Hors de l’espace et du temps.

Il semble que ce soit également le parcours de Gabrielle : se réinventer en prenant le risque de la solitude, et finir par trouver ce diamant qui ne change pas au fond des mémoires.

J’ai changé de prénom pour nommer la liberté trouvée au bout des chemins de traverse. L’ancien prénom ne me parlait plus. L’ancien prénom parlait des attentes de mes parents, elles-mêmes nourries des attentes d’ancêtres trop bavards de leurs exigences, trop taiseux de leurs blessures. Un nom, une lignée, un pays, une couleur de peau, parfois une religion. Une assignation à résidence. La mienne était riche de nourritures en tous genres, de blessures aussi, dont certaines auraient pu être mortelles avant d’être sources de vie augmentée. D’autres de ces résidences obligées sont comme des cases étroites sans fenêtre à la porte fermée où l’on s’entasse au-delà des limites. Mais l’injonction à ne pas franchir le seuil, que l’on appelle « loyauté familiale », est toujours présente. Alors un jour, ou plutôt jour après jour, défaire le bracelet qui se met à sonner dès que l’on essaie de quitter le champ clos.

Liberté.

Liberté de revenir aussi, parfois, comme dans ces jours de la Toussaint dédiés à ceux qui sont partis. Comprendre à nouveau, autrement. Car ce parcours était déjà celui de mes parents, nés à l’étranger et ramenés en France manu militari à la fin de l’enfance. Ramenés pour des tas de raisons politiques, incompréhensibles pour des enfants de dix ans obligés de quitter leur nounou et leur école pour débarquer dans un pays où le soleil leur a paru si froid. Toute leur vie ils ont cherché des cabanes où trouver la liberté, témoigné et vécu leur œcuménisme et leur universalisme. Mais il reste impossible de savoir s’ils ont pu désactiver leurs bracelets.

« Encabanée » parle de la liberté trouvée dans un lieu clos qui pourrait sembler une prison, impossible à quitter tant la nature sauvage nous y renvoie vite. La nature sauvage ou la violence des hommes. C’est un paradoxe qui n’est pas nouveau : depuis toujours des femmes et des hommes font cette expérience. Les recluses, les ermites, les cloîtré.e.s, les sorcières. Certain.e.s y ont trouvé la liberté, d’autres la folie. Impossible à prévoir. Impossible à juger.

Mais je ne peux que vous recommander si vous le pouvez de vous isoler un soir devant un feu de bois, de tendre l’oreille aux cris des chouettes et aux rayons de lune, et de plonger dans « Encabanée » au risque de ne plus vouloir revenir en arrière.

« Encabanée », un livre dont on ne peut pas sortir… Et tant qu’à faire : pourquoi j’ai changé de prénom !

EXTRAITS :

"Fini, les soupers de famille où l'on évite les sujets chauds, où les tabous brûlent la langue et l'autocensure coince comme une boule au fond de la gorge."

"Les pionnières errent seules dans la foule. Leur regard transcende l'espace. (...). Comment fait-on pour s'éviter l'usure, le cynisme, l'apathie quand le peuple plie et s'agenouille devant l'autorité, consentant comme un cornouiller qui ne capte plus de rêves ?" (Note : le cornouiller est un arbre du Québec que les autochtones peuvent fumer).

"... se taire devant un tel risque environnemental, c'est être complices de notre propre destruction."

" Que la société continue de consommer et de polluer, mais qu'elle reconnaisse au moins les conséquences de ses gestes, toutes les carcasses d'animaux englués de pétrole, victimes de son indifférence, qu'elle soit hantée par l'odeur de la mort don elle est complice."

"Enfin j'avais découvert le sens à ma vie de féministe rurale : me dévouer à la protection de la nature, corps et âme. Le Printemps fertile n'était pas bien loin."

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Contre la Nausée ? Il est temps de jeûner…

par Claire Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre ! , Jeûne et Detox , Je suis psy mais je me soigne ! , Ecothérapie

Contre la Nausée ? Il est temps de jeûner…

Le jeûne pour soigner les blessures de l’âme

 

Hier j’ai vécu une expérience désagréable en passant devant un café où s’affichait un grand panneau « Pass sanitaire obligatoire ». Quelques personnes buvaient sur la terrasse et j’ai eu l’impression de les voir à travers une vitre infranchissable.

Certains avait un air fier voire provoquant, d’autres au contraire baissaient le regard. Aucun, ce n’étaient que des hommes, n’avait l’air d’un type tranquille en train de boire son café… comme avant. Le jeune serveur, 20 ans pas plus, dépassé par la situation, montrait des feuilles à son patron, résultats de tests ou certificats de vaccination, pour être sûr que ça suffisait. Mais non, il fallait absolument un QR code. J’ai eu la nausée, littéralement, j’ai failli vomir sur le trottoir.

L’autre chose qui m’a frappé est le non-dit, les regards fuyants. Es-tu pour ? Es-tu contre ? Toutes les personnes croisées n’avaient que cela en tête mais parlaient de tout autre chose. Ou se taisaient.

Je ne parle bien évidemment pas du vaccin qui est une décision libre et individuelle, un rempart au risque perçu et à la peur sur lesquels aucun jugement n’est acceptable. Je parle de la séparativité créée, entre autres, par l’introduction du Pass sanitaire dans la société mais aussi dans les familles, les couples, les groupes d’amis, les collègues.

Il est des époques où il faut savoir se positionner.

Beaucoup plus qu’il n’est dit dans les médias et les lieux du pouvoir le font en résistant : soignants, familles, enseignants, pompiers, politiques… et des individus comme vous et moi, vaccinés ou non. Trop peu de journalistes, c’est interrogeant, même dans des journaux habituellement engagés. Trop peu de jeunes, mais je les comprends, pris dans des doubles contraintes insupportables. Laissons-leur le temps. D’autres se positionnent pour le dispositif et se réjouissent apparemment de désigner les irresponsables. Ont même commencé à fleurir sur les réseaux sociaux des groupes de dénonciation des non-vaccinés, il faut le voir pour le croire. D’autres enfin gardent le silence. Mais le silence aujourd’hui, même s’il se comprend pour de multiples raisons, est aussi un choix qui a ses conséquences.

Ne pas aller dans ce café où j’avais plaisir à venir boire un verre n’est finalement pas un grand sacrifice au regard de la blessure de l’âme que cela me provoquerait. D’autres très grands ont eu à affronter bien pire. Mais quand même : « cela est », et je ne peux pas fermer les yeux.

J’ai été tellement marquée par cette scène que j’en ai pleuré. C’est l’avantage et l’inconvénient de ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler mon hypersensibilité, un des éléments essentiels de mon travail de psychothérapeute, à moi de gérer les conséquences. Je suis de celles qui peuvent être longuement traumatisées par des films, Requiem for a Dream et Gorilles dans la Brume ont été les pires mais il y en a eu bien d’autres. Je suis de celles qui pleurent régulièrement sur la mort des abeilles et des orangs-outang, sur les bébés noyés en Méditerranée et ceux qui meurent de faim ou du réchauffement climatique quelque part là-bas.

En attendant que ce soit quelque part ici.

Ces pleurs ne me dérangent pas et n’engendrent aucune dépression. Bien au contraire, ils me nettoient et me permettent d’agir en dissolvant la rage et l’impuissance. Et j’ai aussi une arme de guerre formidable, utilisée bien avant moi par toutes les personnes dont je vous joins les citations : LE JEÛNE. Souvent nommé : Grève de la faim, quand il soutient des objectifs précis.

J’ai ainsi démarré mon jeûne du mois d'août avec une intention personnelle déterminée : me débarrasser des symptômes du COVID long qui sans être aussi handicapants que certains, me gâchent un peu la vie au quotidien. En particulier les douleurs dans le nez et les sinus, ainsi qu'une perte partielle de l'odorat et du goût, et une odeur désagréable de soufre et d’oignons brûlés... Mais l’intention physiologique ne m’a jamais suffi, et ce depuis mon premier jeûne dédié à un deuil difficile.

J’ai donc aussi posé une intention émotionnelle, et même spirituelle dans ce jeûne : lutter à l’intérieur de moi contre les forces de division et les tensions négatives provoquées dans notre pays et notre humanité par nos gouvernants actuels, forces de division trop souvent relayées dans les familles, les groupes d'amis, le travail... Car nous vivons étymologiquement une période dia-bolique, puisque ce mot veut dire : ce qui sépare, ce qui divise.

Or le jeûne, en particulier centré sur les émotions, est un processus profondément unificateur. Le mot spirituel est un mot valise, il est important de le définir. Il signifie pour moi ce qui relie, au-delà de toute approche religieuse ou pratique quelle qu'elle soit. Ce qui nous relie intérieurement, avec les autres, avec le Tout Autre, le Plus grand que nous, à commencer par la Nature. C'est un grand cadeau du jeûne de nettoyer les canaux de communication pour pouvoir ressentir cet état. Encore faut-il le vivre comme un processus, et non comme le simple arrêt de l'alimentation, qui est loin de suffire.

Le risque actuel que nous courrons va au-delà d’une souffrance du corps, d’une douleur affective et relationnelle, d’une soumission ou d’une indignation mentale.

Le risque que nous courrons aujourd’hui est celui d’une blessure de l’âme. C’est d’une agression ontologique qu’il s’agit, même si elle semble imperceptible à beaucoup. C’est pour cela que je me suis permise d’employer le mot spirituel, que je n’emploie que rarement tant il est galvaudé, comme le mot amour.

Cette blessure possible de l’âme, cette intrusion d’une rupture fondamentale dans l’être, cette inhumanité mais aussi cette attaque contre l’universel contre laquelle je me dois de réagir, je l’ai vécu dans deux autres situations, pas plus :

  • l’indigence des gouvernants contre la crise écologique, voire même leur volonté de maintenir la situation en l’état pour protéger les intérêts financiers.
  • le rejet par les riches et les puissants des migrants, des pauvres de notre pays et des millions de personnes mourant sur la planète des suites de leur avidité.

C’est donc la troisième fois que j’affronte cette souffrance dans ma petite vie limitée. Je me dois d’y trouver des réponses sous peine de me rétrécir sous l’attaque.

Il y a les réponses individuelles : méditation, créativité, prendre soin des gens que j’aime… Le jeûne en fait partie. Elles sont des barrières efficaces. Mais je préfère les transformer en armure pour participer aux réponses collectives, non violentes mais affirmées dans leurs choix d’une humanité unie, égalitaire, fraternelle et libre.

Mon jeûne qui se termine aujourd’hui a-t-il atteint son but ? Je peux dire sans surprise que oui. Le rire clair qui m’accompagne, le déblocage de l’écriture car j’avais du mal à écrire tous mes ressentis, le sentiment profond que l’essentiel sera toujours à l’abri des tyrannies individuelles et collectives, la gratitude envers la vie, le désir renouvelé de manifester mon refus de toute loi injuste et de tout abus de pouvoir destructeur.

Merci au jeûne.

Et incidemment, les symptômes dont je parlais ont pratiquement disparu… Pas tout à fait quand même, il reste cette odeur de soufre assez typique du Covid long…

En clin d’œil du Diable peut-être ?

 

Pièces jointes ci-dessous :

  1. Vidéo réalisée avec Baptiste Vallé, médecin, sur le jeûne et les émotions.
  2. Addenda : Le jeûne, un processus complexe.
  3. Quelques citations inspirantes... ou non !

Le Jeûne : un processus complexe


Je voudrais répondre à de multiples personnes qui ne comprennent pas pourquoi leur jeûne, réalisé seul et pour la première fois, ne leur apporte pas les bénéfices escomptés, voir pire : fatigue extrême, reprise de poids rapide, vécu du jeûne lui-même difficile et douloureux. Le problème est que classiquement le jeûne est juste associé à la privation de nourriture et parfois d’eau, alors que le jeûne est un PROCESSUS COMPLEXE. L’accompagnement est fondamental, et si l’on veut jeûner chez soi, surtout pour un premier jeûne, il me semble opportun de trouver des accompagnements à distance, et des lectures aussi. Il existe des règles à respecter sur l'environnement, la descente alimentaire, la purge, l'accueil des émotions, les crises à traverser, la reprise alimentaire...
Personnellement j'ai choisi de jeûner d'abord en groupe et avec un accompagnement dans lequel j'avais confiance. Ce n'est qu'au bout de 5/6 jeûnes longs que j'ai fait les mêmes à la maison toute seule.
C'est trop dommage de voir autant d'efforts qui ne débouchent que sur de la frustration.
A bientôt !

 

 

Quelques citations inspirantes... ou non ! Mais en tous cas supports de réflexion.

Quelques citations inspirantes... ou non ! Mais en tous cas supports de réflexion.

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