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Loin du coeur, un recueil de nouvelles contre les violences faites aux femmes

par Claire Sibille

publié dans Alterégales , Des livres profonds ... comme une psychothérapie !

Je suis fière d'avoir participé à ce superbe recueil contre les violences faites aux femmes ! Le recueil est très bien fait, bravo à BétaPublisher, et les textes de qualité.
Je vous livre en extrait la quatrième de couverture et la préface, remarquable résumé de la situation aujourd'hui en France. Malgré les promesses politiques, chaque année plus de 100 victimes de féminicide (159 en 2019) en France, des situations de violences conjugales qui explosent, en particulier dans les confinements et les restrictions sanitaires, et des situations sur de sujets qui peuvent paraître plus banals, comme les différences salariales, qui évoluent très peu. Les enfants sont également victimes (et non pas juste "témoins") des violences subis par leur mère, cela a été enfin reconnu.
N'hésitez par à le commander et à l'offrir, je rappelle que tous les bénéfices vont à l'association Solidarité Femmes qui gère entre autres le numéro 3919, ligne pour les femmes victimes de tous types de violence, accessible 7/7 jours et 24h/24h. Bravo, il faut les soutenir.

 

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Une femme sur dix est victime de violences conjugales en France et, selon les Nations Unies, 35 % des femmes dans le monde ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles.

Ces chiffres, terribles, ne sont qu'une réalité froide qui ne retranscrivent pas l'abjecte réalité de leur quotidien. Un chiffre ne peut pas exprimer leur angoisse. Un chiffre ne permet pas de ressentir leur souffrance. Un chiffre n'explique pas leur possible renoncement, tant celui de leurs goûts que celui de leur personnalité.

Il y a tout le reste : la peur de la prochaine fois, leurs efforts pour éviter que cela ne recommence, sans oublier le lent et long dépérissement qui les amène à renoncer à vivre dans la paix et la dignité.

Pour se rendre compte de l’ampleur de ces phénomènes, nous vous invitons à lire ce recueil de nouvelles et de témoignages. Un aperçu de ces violences que des milliers de femmes subissent, chaque année, et ce depuis des millénaires.

 

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Préface


Depuis le mouvement #MeToo, les victimes de violences sexistes et sexuelles sont davantage visibles. Une prise de conscience réelle semble avoir émergé lors de l’organisation du Grenelle des violences conjugales en 2019, puis lors des confinements de 2020. La société civile a enfin montré son intérêt et son soutien à l’action quotidienne des associations féministes. Et pour cause, une femme sur 10 est victime de violences conjugales en France.
Ce chiffre, terrible, n'est qu'une réalité froide qui ne retranscrit pas l'abjecte réalité de leur quotidien. Un chiffre ne peut pas exprimer leur angoisse. Un chiffre ne permet pas de ressentir leur souffrance. Un chiffre n'explique pas leur renoncement, tant celui de leurs goûts que celui de leur personnalité. Le quotidien de ces femmes mérite bien plus que des statistiques.
On ne peut pas résumer l'existence d'une victime aux instants où elle subit une forme de violence. Il y a tout le reste : la peur de la prochaine fois, ses efforts pour éviter que cela ne recommence, sans oublier le lent et long dépérissement qui l’amène trop souvent à renoncer à vivre dans la paix et la dignité. Pour se rendre compte de l’ampleur de ces phénomènes, nous vous invitons à lire ce recueil de nouvelles et de témoignages qui donne un aperçu de ces violences que des milliers de femmes subissent, chaque année, depuis des millénaires.
Des années où les femmes, opprimées, violentées, ont su prendre la parole pour promouvoir l’égalité entre les Femmes et les Hommes. Nous pensons évidemment à Olympe de Gouges qui, en 1791, dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, consacre à l’écrit que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Une revendication féministe qui traversera les âges comme slogan, cause militante et intérêt commun entre celles et ceux qui luttent.
L’histoire plus récente nous donne de nombreux exemples de combats menés par les féministes de cette génération : la dépénalisation de l’avortement en 1974, la loi de 1983 pour la parité entre les hommes et les femmes dans les institutions publiques, la Déclaration de l’ONU en 1995 sur les violences faites aux femmes, l’ouverture de centres d’information au droit à la contraception et à l’avortement, la mise en place de lignes locales d’écoute des victimes de violences… Bref, face aux fortes inégalités entre les hommes et les femmes, des mouvements s’engagent à faire reconnaître les violences faites aux femmes comme un problème de société. Ce fut le combat des militantes du Mouvement de libération des femmes des années 70, dont de nombreuses associations féministes actuelles sont issues. Ce collectif agissant contre toutes sortes de violences faites aux femmes a aujourd’hui légué son expertise à des structures associatives qui œuvrent au quotidien contre le système patriarcal, des structures qui attirent l’attention des politiques pour agir concrètement, et sensibiliser la société aux questions des violences faites aux femmes.
Par ailleurs, écouter la souffrance des autres est la première étape d'une prise de conscience rapide et de grande ampleur. C'est là le but principal de cet ouvrage ; aider les gens, et en particulier les jeunes, à réaliser que la violence dans un foyer est une abjection qui n’est pas acceptable. Peu importe qu'on aime l'autre passionnément. S'il manifeste une forme ou une autre de violence, alors il est possible de fuir, car rien ne peut le justifier.
Mais alors, comment définir les violences conjugales ? Elles ne sont pas l'apanage d'un groupe social, économique ou culturel et peuvent concerner des hommes et des femmes ordinaires. Les violences conjugales ne sont pas un héritage inéluctable, on ne naît pas violent, on apprend à le devenir.
Les violences conjugales se développent par cycles de plus en plus rapprochés, dont l'intensité et la fréquence peuvent conduire à la mise en danger de la vie de la victime et de ses enfants. Les gestes ou comportements violents font partie d'une stratégie pour contrôler ou imposer à l'autre sa volonté en utilisant les coups, l'humiliation, le dénigrement, les insultes, les menaces, le chantage. La violence conjugale constitue un abus de pouvoir et de confiance, elle entrave des relations basées sur l'égalité et le respect. Ce type de violence revêt différentes formes :
• Les violences verbale et orale. Si des hommes violents haussent le ton pour intimider leurs compagnes, d'autres prennent une voix très calme, mais la victime reconnaît bientôt la tonalité dangereuse. D'autres encore gardent le timbre habituel, mais couvrent d'injures, de menaces ou de sarcasmes.
• La violence psychologique s'exprime par des attitudes diverses, des propos méprisants, humiliants. Le compagnon violent renvoie à la victime une image d'incompétence, de nullité. Il l’atteint dans son image à travers le regard des autres. La victime perd progressivement confiance en elle et en ses possibilités. Peu à peu s'installent le désespoir, une acceptation passive de la situation. Elle s'isole, s'enferme dans la honte, n'ose plus prendre d'initiative. Cette violence peut conduire à la dépression, à l'alcoolisme, au suicide.
• La violence physique, contrairement à une idée répandue, n'est pas toujours présente dans les situations de violence conjugale. Elle peut apparaître très ponctuellement, parfois après des années de violences psychologiques et/ou verbales. L’homme violent devient alors brutal, passe aux coups ou à la contrainte physique.
• La violence sexuelle est la plus cachée. L'homme violent oblige sa compagne à avoir des rapports sexuels malgré elle, selon ses seuls fantasmes, avec lui ou avec d'autres partenaires. Il peut parfois la forcer à se prostituer. Les viols, les agressions sexuelles, les rapports acceptés sous la contrainte ou pour calmer le partenaire sont répandus. Les victimes ont beaucoup de mal à parler d'une violence liée à une sexualité qui reste associée à la fausse idée reçue du « devoir conjugal ».
• La violence économique s'exerce de différentes façons, mais a toujours pour objectif d’ôter à la victime toute possibilité d'autonomie financière : allocations familiales jouées ou dépensées au bar, revenus déposés sur un compte dont seul le partenaire détient la signature, même chose pour les carnets de chèques et la carte bancaire, interdiction d’exercer une activité professionnelle, biens immobiliers de la victime disparaissant sous la gestion bienveillante de monsieur...
• La violence administrative s’exerce pour ôter tout moyen à une personne de vivre une vie normale et indépendante. Elle la prive de tout accès à ses droits pour mieux la contrôler. Elle nie son identité : vol de papiers, refus de faire les démarches pour l’obtention du titre de séjour pour les femmes étrangères, ou pour des aides spécifiques pour les femmes handicapées, détournement de courrier administratif (CAF, Sécurité sociale, Pôle emploi…).
• Les cyberviolences conjugales sont exercées grâce aux nouvelles technologies : elles peuvent être utilisées dans un but de contrôle et de surveillance de la victime par différents moyens : géolocalisation, exigence que la victime soit joignable à tout instant, vol des mots de passe des mails et différents comptes sur internet, surveillance via des logiciels espions installés sur les téléphones, ordinateurs et tablettes.
Malheureusement, les violences conjugales ne constituent pas la seule plaie à laquelle les femmes sont confrontées. Il faut aussi parler des viols, de l'excision, de la prostitution, de l’exhibitionnisme, du harcèlement, qu'il soit sexuel ou moral, et bien d'autres choses encore. On retrouve tout cela partout sur Terre, parfois même de manière légale ou tolérée.
Selon les Nations Unies, 35 % des femmes dans le monde ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles et moins de 40 % d'entre elles demandent de l'aide. Au moins deux cents millions de femmes ont subi des mutilations génitales. En 2019, une femme sur cinq ayant entre vingt et vingt-quatre ans avait été mariée avant ses dix-huit ans. Et on pourrait continuer longtemps l'énumération de ces sévices.
Face à ces violences, comment réagir ? En tant que témoin, il est souvent difficile de s'interposer puisque tout a souvent lieu dans l'intimité du foyer. Toutefois, quelques gestes permettent de sauver des vies : appeler la police en composant le 17, contacter le 3919 pour recevoir des informations et conseils, et soutenir la victime en l’encourageant à se mettre en sécurité. Pour cela, différentes associations féministes peuvent venir en aide. C’est le cas notamment de Solidarité Femmes, dont l'objectif est de s’engager aux côtés des femmes pour leur droit à la liberté, à l’égalité et à l’intégrité. Poursuivant cette mission, la Fédération nationale Solidarité Femmes gère le numéro d’écoute 3919 depuis sa création en 1992. Le 3919 est un numéro d’écoute anonyme, gratuit depuis un poste fixe ou mobile en métropole comme en outre-mer, et il n’apparaît pas sur les factures de téléphone. Répondant aux témoins et victimes de violences sexistes et sexuelles, des écoutantes professionnelles prennent le temps nécessaire pour les informer sur les possibilités de sortie des violences. En 2020, près de 100 000 appels ont été pris en charge en ce sens. Les écoutes permettent à la personne d'agir, grâce à une information appropriée sur les démarches à suivre et sur le rôle des intervenants sociaux. Le but est, dans la mesure du possible, d’orienter la femme victime vers une association spécialisée qui pourra l'accompagner dans ses démarches.
Les violences conjugales sont traitées par les associations de la Fédération nationale Solidarité Femmes comme un problème social et non comme un comportement isolé ou accidentel. Ces associations, solidaires les unes des autres, se fixent donc comme objectifs d’écouter, d’accueillir et d’héberger les femmes victimes de violences pour qu’elles soient protégées, qu’elles retrouvent confiance et qu’elles aménagent de nouveaux modes d’existence. Dans ces lieux, la parole des femmes est entendue et respectée même si elle peut être hésitante et contradictoire. Une demande de soutien ou d'accueil en urgence est entendue et traitée comme telle. Par an, ce grand réseau associatif accompagne plus de 35 000 femmes, héberge presque 6 000 femmes et enfants, et permet à des milliers de victimes de sortir des violences.
Étant donné l'ampleur de l'aide qui doit être apportée, ce recueil a pour objectif d’aider financièrement cette Fédération afin qu'elle puisse continuer à apporter soutien et protection aux victimes de violences conjugales. En effet, chaque écrivain et écrivaine de ce recueil a renoncé à ses droits d’auteur·ice pour que les fonds soient reversés à Solidarité Femmes. De cette manière, votre achat est un petit don qui, cumulé aux autres, permet de les soutenir dans leur tâche.
Vos dons permettent de supporter les actions de Solidarité Femmes, et d’aider les victimes de violences. Pour 30 €, une victime de violences conjugales est écoutée et orientée par des professionnelles de l’écoute au 3919. Pour 60 €, un kit de première nécessité est offert aux femmes et aux enfants victimes qui sont pris en charge par une association du réseau Solidarité Femmes. Pour 200 €, une victime est hébergée et reçoit des accompagnements juridique, administratif, psychologique pour sortir de la violence.
Chaque euro compte pour aider les femmes victimes de violences, et pour cela, nous vous remercions pour votre soutien financier grâce à l'achat de ce livre. N'hésitez pas à partager et faire connaître ce livre à votre entourage parce que chacun et chacune peut avoir un impact réel et lutter contre les violences sexistes et sexuelles.

© 2021 by Beta Publisher

 
Les auteur.es à Paris pour le lancement du recueil. Tout à droite, Lucie, de l'association Solidarité femmes.

Les auteur.es à Paris pour le lancement du recueil. Tout à droite, Lucie, de l'association Solidarité femmes.

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L’universalisme ? C’est moi ! Et pas ielle et iel ...

par Claire Sibille

publié dans Alterégales , Cette société - c'est la notre ! , Le quotidien c'est pas banal ! , On peut choisir sa famille

L’universalisme ? C’est moi ! Et pas Ielle et iel ...

Billet d’humeur sur «  iel, ielle » et les ministres de l’éducation (hommes et blancs)

 

Depuis un certain temps déjà, quand je me regarde dans la glace, je vois une femme blanche. Avant je voyais une femme, ou une fille. Je peux dater ce changement de quelques mois avant la sortie du film « Alibi » (2017). J’étais alors dans le métro parisien et en voyant les affiches je m’étais dite : ils sont trop blancs, même le chien est blanc, ça ne correspond ni à mon pays, ni à ma vie.

Bien avant d’avoir conscientisé ma race, je l’avais fait pour ma sexualité. Je suis clairement une femme hétérosexuelle monogame (je veux dire monogame quand je suis en couple, ce qui est mon cas depuis 31 ans). Dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel sexuel, plusieurs variantes m’ont attirée mais sans me proposer une alternative satisfaisante. Récemment je me suis bien reconnue dans l’écosexualité, cette expérience de communion intime y compris physique avec la nature. Mais je ne l’aurais jamais identifié comme une sexualité au sens restrictif du terme. Car faire l’amour avec le soleil, le vent, la mer ou l’arbre est une expérience non individualisée alors que la sexualité l’est, me semble-t-il.

L’affiche toute blanche m’avait mise en colère.

Mais c’est le pronom inclusif « iel » et ses déclinaisons, reconnu la semaine dernière par l’incontournable dictionnaire Robert qui a mis en colère, entre autres, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation. Il aurait pourtant bien d’autres chats à fouetter. Les adolescents qui se suicident pour cause de harcèlement scolaire ? Les troubles anxieux qui explosent chez les enfants à cause du masque ? L’écoanxiété des jeunes depuis le désastre de la COP 26 ? Mais non. Il y a des combats bien plus importants à mener. Alors, pourquoi tant de haine ? Le ministre a dit en parlant de « iel » : « c’est contraire à l’universalisme français ». Dans son cas comprenez que l’universalisme est blanc, masculin alpha, et de préférence d’un âge supérieur à 49 ans. Très certainement hétérosexuel, et, vu les scandales actuels on peut espérer hétérosexuel respectant l’âge de la majorité et le consentement.

Bref l’universalisme se réduit à son nombril et à ceux de sa caste.

L’homme m’a profondément agacée.

Dans la formidable vidéo que je vous joins et que j’invite tout le monde à regarder (elle.s, iel.s, il.s, iel.le.s et les autres), le prof, que j’aimerai bien avoir comme ministre de l’éducation, raconte sa propre prise de conscience de genre. Le genre, c’est cette perception bio-psycho-sociale de notre identité sexuelle. C’est-à-dire complexe. Comme d’habitude, les plus fanatiques ne prennent qu’un bout de l’équation, soit bio- soit social-, jamais psycho- sauf les psys qui cherchent à faire des thérapies de conversion. Dommage car un des premiers effets bénéfiques de la complexité c’est qu’elle rend libre.

Je pense que la race est aussi un fait bio-psycho-social. Mais elle est folle celle-là, diront certain.e.s. Et la couleur de la peau alors ? Ben oui. Mais je me sens beaucoup plus proche de bien des « étrangers » que du ministre de l’éducation qui a pourtant la même couleur de peau que moi.

Si j’ai réussi à prendre conscience de ma race sur les plans bio, psycho et social, c’est grâce à la famille multicolore que j’ai co-construite, certes. Mais ce n’est pas le début de l’histoire. Le début de l’histoire date de mes parents, tous les deux fille et fils d’horribles colonialistes. Ils ont été arrachés à leur lointaine terre natale aux alentours de 10 ans, pour des raisons politiques très légitimes mais totalement incompréhensibles à cet âge. Je me suis demandée pourquoi mes parents qui ont passé le reste de leur vie en exil en France tout en rêvant de la quitter, avaient toujours eu des relations familières et égalitaires avec les noirs, arabes et autres asiatiques qu’ils fréquentaient régulièrement ici et à l’étranger et dont certains étaient leurs amis les plus proches. Pourquoi n’avaient-ils pas développé la posture dominante du colonialiste blanc de base que j’observais par ailleurs ? Posture que l’on retrouve d’ailleurs à l’identique chez le noir, l’asiatique ou l’extra-terrestre dominant. La réponse, récente, m’a éblouie. C’est tout simplement parce qu’ils ont partagé leur enfance avec eux et non l’âge adulte ni même l’adolescence. Et cette enfance a été suffisamment ouverte pour qu’ils ne créent pas une hiérarchie intérieure figée. Mes grands-parents, tout en étant imprégnés de la culture coloniale, étaient plutôt ouverts et communicants. Par exemple mon grand-père paternel, médecin, puisait avec respect dans les pratiques médicales qu’il rencontrait en orient ou en Afrique. Et ma grand-mère maternelle institutrice accueillait tout le monde dans ses classes marocaines, y compris ma mère. En fait, quand je les voyais plonger leurs mains dans le plat commun de couscous avec la famille arabe qui nous accueillait, ou discuter en toute familiarité réciproque avec l’ancêtre qui tenait le resto vietnamien où nous allions régulièrement, ils n’avaient pas 40 ans mais 7 ou 8. Et leurs interlocuteurs le sentaient bien. Ce qui m’a le plus marqué, c’est comment mes parents riaient dès qu’ils se retrouvaient avec des « étrangers ». Pas riaient de. Mais riaient avec. Quand ils se sont retrouvés parachutés en France, dans des écoles au fin fond de la campagne de la fin des années 40, ils se faisaient appeler « chinois vert » pour mon père et « petite arabe » ou « sauvageonne » pour ma mère blonde aux yeux bleus. Alors la race : bio-psycho-sociale ? Oui. Je pourrais écrire un livre sur toutes les conséquences de cette complexité.

Pour revenir à mon « iel » de départ, j’aimerai donc non seulement qu’il reste dans le Robert, mais encore qu’il recouvre bien d’autres particularités en dehors du genre. La race en est une. L’espèce aussi peut-être ? Iel et ses déclinaisons désigneraient alors aussi bien l’être humain de toutes les couleurs et genres, mais aussi l’animal, voir les arbres et les plantes qui prennent de plus en plus de place dans notre conscience.

Nous aurions à disposition un vrai pronom inclusif et universel.

 

Je ne fais pas la pub du film, j'espère que c'est clair !

Je ne fais pas la pub du film, j'espère que c'est clair !

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