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Méditer ... ou cultiver l'instant présent.

par Marie-José Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre !

Méditer ? Ou vivre l’instant présent …

 

Méditation.

En parler dans les années 70 était très à la mode mais faisait de vous un illuminé ou une  adepte de Krishna et de quelques équivalents.

Comme pour le jeûne dont j’ai parlé ailleurs, je regardais en petite fille puis ado curieuse ma mère se livrer à toutes ces pratiques improbables par refus d’un carcan éducatif et culturel qui l’étouffait alors.

Puis au début des années 80, la méditation s’est réfugiée dans quelques sectes et quelques ashrams bouddhistes et temples zen pour laisser la place à la société de consommation et au tout médicament pour se sentir mieux. A peine si quelques psychanalystes arrivaient à survivre. Et les psychothérapies et démarches alternatives se planquaient dans des écoles privées pour continuer à faire passer leur savoir.

Et puis le raz-de-marée des thérapies venues d’Amérique a envoyé une boule dans le jeu de quilles bien aligné du triangle psychanalyse/médicament psychotrope/sectes illuminées ou écoles alternatives et a remis la méditation à la mode.

Maintenant il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive une pub MEDICALE, pour des méditations enseignées par des MEDECINS et CAUTIONNEE PAR L’UNIVERSITE, pour ce qui il y a à peine quelques années me faisait passer pour une folle ou une victime de secte.

Il faut s’accrocher pour ne pas réagir et ménager son taux de cortisol. 

Pourtant je devrais avoir l’habitude, l’état a aussi récupéré la psychothérapie pour en faire une chose grise et terne, cautionnée par des diplômes, et en aucun cas par un travail sur soi.

Revenons à la méditation.

Quelle méditation ?

Dans beaucoup de démarches, même sympathiques et facilitant la vie via Internet par exemple, la confusion entre méditation, visualisation, sophrologie, rêve éveillé et j’en passe, y compris leçon de morale sur les émotions à bannir, tout est confondu.

Alors comme toujours dans ce cas, je vais voir la racine étymologique du mot, et je me rends compte que le mot est un synonyme de thérapie … à part qu’il est spécialisé dès l’origine, au moyen-âge, dans le domaine médical. Il signifie alors donner des soins dans le sens de porter remède. Nous voilà bien. Le mot a évolué pour devenir synonyme d’une intense réflexion, celle des médecins qui soignent, avec une capacité de jugement et « de prendre avec autorité les mesures qui s’imposent ».

En bref je vais devoir abandonner ce mot car il signifie l’opposé de ce à quoi j’aspire, la non réflexion, le non jugement, le non contrôle.

Alors vivre l’instant présent, avec ce qu’il implique de lâcher prise me va bien.

L’instant présent est un bel endroit pour s’asseoir, un bon lieu pour se reposer, portée par le souffle qui m'anime. Il est comme un refuge de haute montagne, une cabane solitaire près d’un pic ou d’un col. Difficile d’y accéder. Quitter la vallée, pas forcément celle des larmes, mais celle des listes oui. Liste des choses à faire, liste des choses qui font tout pour que l’on croit vraiment devoir les faire. Laisser partir les mots en regardant passer les nuages.

Puis monter en laissant à chaque étape un sac d’émotions recyclées, transformées, qui nourriront les vautours et les fleurs de montagne.

L’instant présent est un concentré d’éternité, de temps géologiques aussi, dans le calme et le silence vivant du corps.

Et si je creuse encore plus au fond de moi, j’entends les êtres qui nous ont précédé, car dans l’instant présent ils sont tous là.

Leurs yeux, mais aussi les yeux de ceux qui nous suivront, nous sourient, denses et profonds comme un lac de montagne.

Ecrit le 4 août 2016.

Méditer ... ou cultiver l'instant présent.

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Conférence-discussion : Traumatismes et familles

par Marie-José Sibille

publié dans La psychothérapie - de quoi ça parle

TRAUMATISMES ET FAMILLES
 
Dans cette troisième et dernière discussion autour du lien familial aujourd'hui, nous allons examiner le pouvoir de résilience de la famille en cas de traumatisme "externe" à la famille, et son pouvoir de mutation quand le trauma s'invite à la table familiale.
 
Parfois, à travers le trauma, la présence de la mort vient bouleverser la famille. Que ce soit la mort réelle ou la menace aigue sur l’identité qui confronte à la mort, que change l’approche d’une thérapie centrée sur le traumatisme plutôt que sur la personne qui le subit ?
C'est une révolution dans le domaine thérapeutique de ne plus stigmatiser les victimes, ou d'associer le trauma vécu à une histoire personnelle mal intégrée.
Aujourd'hui en dehors du bien connu EMDR, de nombreuses thérapies, efficaces quand elle sont intégrées dans une thérapie familiale intégrant les dynamiques d'attachement ou systémique, soignent la blessure du trauma et prennent soin de la personne et de sa famille.
Car si le trauma, quand il ne vient pas de la famille elle-même, est à considérer comme une blessure extérieure, la manière d'y répondre, elle, appartient tout à fait à la famille.
Pour prendre l'exemple du viol, dans certaines cultures et familles la jeune fille violée est lapidée, dans d'autres elle est considérée comme la victime dont il faut prendre soin d'un agresseur violent, ni plus ni moins.
Quand l'agression vient de l’extérieur, ou est antérieure à la mise en place de la famille, comme l’est par exemple la blessure d’abandon dans la famille adoptante, comment aider la famille à être résiliente ? Comment voir ce qui dans la famille fait obstacle à cette résilience et le transformer, ensemble ?
 
Inceste, maladie grave, deuil, quel accompagnement pour le traumatisme intrafamilial en fonction de sa nature ? Comment envisager dans ces traumas qui sont inscrits souvent dans une longue lignée psychogénéalogique une mutation de la famille, qui permettent aux derniers de ses membres de prendre un nouveau départ ?
 
Nous aborderons également dans cette conférence le thème de l’anxiété familiale, qui augmente spectaculairement dans les dernières années étant donné les menaces qui pèsent sur notre monde, les traumatismes sociaux, terrorisme, catastrophes climatiques, problèmes d’emploi, ultra-pauvreté … Comment y réagir par un attachement familial suffisamment sécure, ni trop désengagé, abandonnant, source de troubles de la personnalité souvent nommés "borderline", ni trop préoccupé, surprotecteur, source de troubles anxieux ou dépressifs, avec leur kyrielle de symptômes allant de la dépression à la phobie scolaire, de l'addiction au suicide.
Conférence-discussion : Traumatismes et familles
Conférence-discussion coanimée par :
 
° Marie-José Sibille, psychothérapeute intégrative centrée sur l'attachement, praticienne EMDR, auteure de "Adopter sa famille".
http://www.sibillemariejose.com/
https://www.facebook.com/adoptersafamille/
 
° Olivier Trioullier, thérapeute familial systémicien, fondateur d’Espace Thérapies Systèmes à Pau.
http://www.espace-therapies-systemes.com/
 
° Invités par l’Association Naitre et Grandir Ensemble (naitreetgrandirensemble@gmail.com / 06 79 71 88 47)
https://www.facebook.com/naitreetgrandirensemble/
 
Le vendredi 24 novembre à l'ITS de Pau à 19h:
TRAUMATISMES ET FAMILLE
 
 
Tarifs: 12€, TR: 8€ (demandeurs d'emploi, RSA, familles nombreuses ou monoparentales, adhérents de l'association Naître et Grandir Ensemble), gratuits pour les étudiants de l'ITS

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