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Articles avec la psychotherapie - de quoi ca parle

Conférence-discussion : Traumatismes et familles

par Marie-José Sibille

publié dans La psychothérapie - de quoi ça parle

TRAUMATISMES ET FAMILLES
 
Dans cette troisième et dernière discussion autour du lien familial aujourd'hui, nous allons examiner le pouvoir de résilience de la famille en cas de traumatisme "externe" à la famille, et son pouvoir de mutation quand le trauma s'invite à la table familiale.
 
Parfois, à travers le trauma, la présence de la mort vient bouleverser la famille. Que ce soit la mort réelle ou la menace aigue sur l’identité qui confronte à la mort, que change l’approche d’une thérapie centrée sur le traumatisme plutôt que sur la personne qui le subit ?
C'est une révolution dans le domaine thérapeutique de ne plus stigmatiser les victimes, ou d'associer le trauma vécu à une histoire personnelle mal intégrée.
Aujourd'hui en dehors du bien connu EMDR, de nombreuses thérapies, efficaces quand elle sont intégrées dans une thérapie familiale intégrant les dynamiques d'attachement ou systémique, soignent la blessure du trauma et prennent soin de la personne et de sa famille.
Car si le trauma, quand il ne vient pas de la famille elle-même, est à considérer comme une blessure extérieure, la manière d'y répondre, elle, appartient tout à fait à la famille.
Pour prendre l'exemple du viol, dans certaines cultures et familles la jeune fille violée est lapidée, dans d'autres elle est considérée comme la victime dont il faut prendre soin d'un agresseur violent, ni plus ni moins.
Quand l'agression vient de l’extérieur, ou est antérieure à la mise en place de la famille, comme l’est par exemple la blessure d’abandon dans la famille adoptante, comment aider la famille à être résiliente ? Comment voir ce qui dans la famille fait obstacle à cette résilience et le transformer, ensemble ?
 
Inceste, maladie grave, deuil, quel accompagnement pour le traumatisme intrafamilial en fonction de sa nature ? Comment envisager dans ces traumas qui sont inscrits souvent dans une longue lignée psychogénéalogique une mutation de la famille, qui permettent aux derniers de ses membres de prendre un nouveau départ ?
 
Nous aborderons également dans cette conférence le thème de l’anxiété familiale, qui augmente spectaculairement dans les dernières années étant donné les menaces qui pèsent sur notre monde, les traumatismes sociaux, terrorisme, catastrophes climatiques, problèmes d’emploi, ultra-pauvreté … Comment y réagir par un attachement familial suffisamment sécure, ni trop désengagé, abandonnant, source de troubles de la personnalité souvent nommés "borderline", ni trop préoccupé, surprotecteur, source de troubles anxieux ou dépressifs, avec leur kyrielle de symptômes allant de la dépression à la phobie scolaire, de l'addiction au suicide.
Conférence-discussion : Traumatismes et familles
Conférence-discussion coanimée par :
 
° Marie-José Sibille, psychothérapeute intégrative centrée sur l'attachement, praticienne EMDR, auteure de "Adopter sa famille".
http://www.sibillemariejose.com/
https://www.facebook.com/adoptersafamille/
 
° Olivier Trioullier, thérapeute familial systémicien, fondateur d’Espace Thérapies Systèmes à Pau.
http://www.espace-therapies-systemes.com/
 
° Invités par l’Association Naitre et Grandir Ensemble (naitreetgrandirensemble@gmail.com / 06 79 71 88 47)
https://www.facebook.com/naitreetgrandirensemble/
 
Le vendredi 24 novembre à l'ITS de Pau à 19h:
TRAUMATISMES ET FAMILLE
 
 
Tarifs: 12€, TR: 8€ (demandeurs d'emploi, RSA, familles nombreuses ou monoparentales, adhérents de l'association Naître et Grandir Ensemble), gratuits pour les étudiants de l'ITS

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Quitter la mer en septembre …

par Marie-José Sibille

publié dans Le quotidien - c'est pas banal ... , La psychothérapie - de quoi ça parle

Quitter la mer en septembre …

Séparation ou Rupture, les fins possibles du lien

Rupture, brisure, déchirement. Cassure, scission, sécession. Divorce, arrachement. Guerre, discorde, division. Jusqu’à la mort, la perte irrémédiable et jamais consolée.

Ils sont nombreux les mots parlant de l’aspect douloureux voire tragique de la séparation.

Et il est vrai que si nous faisons le point dans nos vies, combien de séparations définitives avons-nous vécues positivement ? En amour ? En famille ? Dans le travail ?

Pourtant le mot « séparer » vient de « faire naître ». La même racine a donné « sevrer ». Pourquoi alors ce processus si beau qui consiste à accepter de quitter le ventre de la mère pour devenir un être « à part », comme nous l’indique l’autre racine du mot, devient-il source de tant de drames ?

Comme si nous avions gardé en nous l’empreinte de la terreur du bébé face à la séparation première, celle de l’abandon possible.

Comme si cette séparation première était anticipation de la séparation dernière, celle de la mort.

La perte douce du lien est pourtant possible avec les morts. Cela se nomme le processus de deuil quand il s’accomplit. Il est déjà rare. Combien de deuils sans parole, ou pris dans la violence d’une fin tragique ? Pourtant j’en rencontre parfois de ces personnes devenues plus riches de leurs morts, sans qu’il soit ici question d’héritage.

Le même processus est très difficile avec les vivants.

Combien de séparations définitives pouvons-nous ne pas nommer ruptures ? Combien de séparations amoureuses dans le dialogue et le partage ? Combien où nous nous sommes dit : « tout est dit, tout est consommé, je peux partir sans haine et sans regret ».

Et les séparations d’avec nos parents, comment nous ont-elles permis de nous sentir grandi, soutenu, inspiré ? Combien où nous nous sommes senti lâché, abandonné, oublié peut-être ? La maman louve mordille les fesses de ses petits pour les pousser à prendre leur envol, non plus hors de son ventre, mais hors du ventre de la meute. Acceptons-nous toujours, de l’autre côté du lien de filiation, d’aider nos enfants à partir ? Ou les gardons-nous encore un peu pour qu’ils nous tiennent chaud en hiver, quitte à se plaindre ensuite de leur manque d’autonomie ? Ou les abandonnons-nous d'un seul coup, dans l'adolescence ou dans l'âge adulte, pour ne pas avoir à souffrir, nous-mêmes, de les voir s'en aller ?

Pourtant, nous avons tous en nous une image qui nous parle de la séparation, jusqu'à celle ultime de la mort, comme d’un processus naturel, comme d’une fin possible sans rupture, comme d’un accomplissement du lien.

Et d'une promesse de réunion, ailleurs, autrement. Différents.

Cette image s’enracine dans nos moments premiers.

L’attachement est cette idée sensible qui nous parle des premiers instants de vie, de notre naissance, de la chute hors du ventre de notre mère, de l'accueil dans ses bras, dans des bras en tous cas, des bras qui nous ont transmis le monde. Le même attachement se rejoue et se recrée à chaque lien nouveau ou renouvelé. Le même attachement, enfin, nous parle aussi de nos derniers moments et du comment mourir.

L’une de ces images ressource est pour moi celle de la mer en septembre, l'image de l’océan que je quitte, bouillonnant ou étal, dans la lumière chaude de la fin de l’après-midi.

C’était hier.

C’était toujours.

Mon corps encore baigné de cette énergie du lien, je sais que maintenant je suis seule, séparée de cette source.

Séparée de ce lien-là, je dois traverser les jours sans la revoir, la mer. Elle est en moi pourtant. Mélange de nostalgie profonde et de bonheur accompli. Images ancrées dans ma mémoire. Sensations inscrites dans ma chair. Emotions nourrissant ma créativité.

Et c’est peut-être le premier signe d’une séparation réussie d’en ressortir plus fort, comme si le lien à l’autre faisait partie de moi. Comme si l’autre, loin de me retenir, m’autorisait à partir, marée qui retient, marée qui entraîne au large, ou marée qui pousse vers la plage, la mer est encore là.

Quitter la mer en septembre c’est un peu mourir. Mais c’est une mort douce, comme un drap de soie qui glisse sur la peau en nous laissant partir vers une nouvelle journée pleine de projets et de promesses. Je pars, car la journée m'appelle, mais je porte la mer en moi. Je la porte à travers tous ces moments où je l'ai quittée sans savoir si je la reverrai un jour, rien ne garantit jamais le retour possible.

Je la porte en moi depuis toujours.

Car toutes les fins possibles nous parlent d’enfance.

C’est rassurant.

Comme si le lien se retissait sans cesse, comme si le temps était vraiment cyclique. 

Comme si après l’hiver, le printemps, jusqu’au bout.

 

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