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La comptine des bourdons

par Marie-José Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre !

Ecrit lors de la Marche pour le climat : 21 septembre 2014

" Mais où sont donc passés

Les abeilles et puis les bourdons?

Mais où sont donc passés

Les frelons et les papillons?

Et les hannetons? "

Ça pourrait être le début d'une comptine enfantine, de celles qui se transforment en scénarios d'horreur dans les livres de Stephen King, Lovecraft et autres maîtres de l'épouvante, ceux qui écrivent si bien comment notre quotidien peut basculer sans que personne ne s'en rende compte.

"Une grenouille frémissait dans une eau qui chauffait doucement,

Un ours blanc la regardait de sa banquise qui fondait lentement ..."

Mais dis maman, pourquoi on fait rien qu'à les regarder fondre nous aussi ?

Mais ma chérie, on a TELLEMENT de choses plus importantes à faire.

"On doit acheter, et puis travailler,

Et puis consommer, et retravailler,

Et puis s'épuiser, et encore travailler,

Et tomber malade, et prendre des pilules,

Et retomber malade, et puis en mourir. "

Comment veux-tu qu'on ait le temps de s'occuper de ça?

Oui je comprends maman.

Mais il y a bien des gens qui travaillent pas et qui pourraient s'en occuper?

Tu sais ma chérie, il y a deux sortes de gens qui ne travaillent pas. Les premiers sont occupés à chercher du travail pour pouvoir nourrir leur famille, ou découragés de ne pas en trouver. Ils n'ont plus la force de faire quoi que ce soit d'autre à part consommer de l'écran pas trop cher quand ils rentrent chez eux. Les seconds gagnent de l'argent, beaucoup d'argent en nous faisant travailler et consommer et tomber malades. Beaucoup croient sans s'en rendre compte que la mort c'est pour les autres, pour les pauvres. Ils pensent que c'est pas grave si la grenouille cuit et que l'ours polaire se noie, que l'essentiel est que leur capital augmente. Et ils croient aussi que quand tous les pauvres seront morts, et que ce sera peut-être à leur tour de bouillir et de se noyer, et bien avec tous leurs sous, ils pourront se réfugier sur une île ou une station spatiale.

J'ai compris maman. Qu'est-ce qui faut que je fasse alors pour devenir comme eux?

Travaille bien à l'école ma chérie, ou trouve un bon filon à vendre sur Internet. Mais surtout ne t'occupe ni des grenouilles, ni des ours, ni des abeilles, ni des bourdons, ni des enfants aux yeux trop grands et aux ventres trop gros, ni des grands singes aux mains tendues.

Et prie pour que le monde tienne jusqu'à ce que tu aies ton île, ou ta fusée spatiale.

Merci maman, je veux dormir maintenant, je vais faire de beaux rêves. Tu peux me chanter une berceuse ?

Oui mon cœur.

" Mais où sont donc passés Les hérons,

Et les hérissons ..."

http://www.jevotepourleclimat.fr http://lasseube.wordpress.com/2014/09/13/marche-mondiale-pour-le-climat/

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J’espère qu’il y a quelque part un Dieu qui accueille les petites souris

par Marie-José Sibille

publié dans Le quotidien - c'est pas banal ...

Les souris envahissent la maison. Je ne veux pas de chat car chat veut dire : plus de lézards, plus de lézards verts, moins d’oiseaux.

Donc : les souris. Les voir traverser la maison en tous sens, que du bonheur. Les voir manger les murs, les dossiers importants, difficile.

Alors on les a tuées. Comme tout le monde tue les souris. Pendant des années on les récupérait le matin dans des pièges qui les laisse en vie et on partait au travail en les laissant à quelques km de la maison, près d’une poubelle.

Et puis la vie, le travail, les enfants, le temps qui passe son temps à s’accélérer.

Alors les tapettes et le poison. Alors la tristesse de tuer la vie alors qu’elle est déjà tellement en danger.

Alors, j’espère qu’il ya un Dieu quelque part qui accueille les petites souris.

J’espère qu’il y a quelque part un Dieu qui accueille les petites souris

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