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Les chevaliers blancs de l’adoption : la grande confusion est de retour ! L’arche de Zoé : le film.

par Marie-José Sibille

publié dans On peut choisir sa famille , Adopter sa famille , Adoption

Les chevaliers blancs de l’adoption : la grande confusion est de retour !

L’arche de Zoé : le film.

 

 

Si il y a un film que je n’irai pas voir ce mois-ci, c’est bien « Les chevaliers blancs » avec Vincent Lindon[1].

Quoi que je ne doute pas que ce soit un excellent film avec un excellent acteur.

Mais j’imagine mal une femme enceinte aller voir un film sur les abominations des accouchements forcés avec meurtre de bébé à la clé, ou un père de famille nombreuse se régaler d’une série sur la vente d'enfants pour la prostitution ou le travail forcé.

Faut pas exagérer.

Mais surtout, comme souvent dans la médiatisation de l’adoption internationale, tout va être confondu avec tout. L’équivalent serait de mettre le doute sur toutes les familles dites « biologiques » sous prétexte des 11% – au moins – de familles incestueuses, ou des deux enfants qui meurent par jour – en France[2] – de la maltraitance de leurs parents[3].

Ça ne vous viendrait pas à l’idée n’est-ce pas ?

Et bien pour les familles qui adoptent à l’international la confusion est récurrente.

Les soupçons de « trafic d’enfants », le regard jugeant, l’accent mis sur les échecs, les accusations de de « néocolonialisme », on doit apprendre à faire avec et surtout apprendre à s’en protéger .

 

Voici le synopsis du film, je mets en italique tous les préjugés classiques, malheureusement réels dans quelques cas, dont celui de l’Arche de Zoé, mais ni plus ni moins réels que les chiffres donnés plus haut, qui eux sont beaucoup plus fréquents.

Synopsis du film : « Le président de l’ONG "Move for kids" convainc des familles françaises en mal d’adoption de financer une opération d'exfiltration d'orphelins d’un pays d’Afrique dévasté par la guerre. Il a un mois pour trouver 300 enfants en bas âge et les ramener en France. Mais pour réussir, il doit persuader ses interlocuteurs africains … qu’il va installer un orphelinat et assurer un avenir sur place à ces jeunes victimes de guerre, dissimulant le but ultime de son expédition. »

 

Mieux vaut nourrir le positif.

Alors, familles adoptantes, allez plutôt revoir Panda Kung-Fu, surtout la scène où le père adoptif oie du bébé panda regarde la photo où son fils lui saute sur le ventre. Ou encore l’Age de Glace, quand Sid le paresseux adopte trois petits dinosaures et essaie de les nourrir avec des brocolis … Et où les retrouvailles avec la mère biologique n’enlèvent rien à l’attachement créé.

Ça vous fera plus de bien, et ce au cas où vous en auriez besoin !

 

 

Des grands moments de joie ...

Des grands moments de joie ...

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Expliquer, est-ce excuser ? Une question importante en psychothérapie et en accompagnement de la personne.

par Marie-José Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre !

Expliquer, est-ce excuser ?

Une question importante en psychothérapie et en accompagnement de la personne.

 

Lundi matin il était question sur France Inter des phrases prononcées par Manuel Valls pendant les cérémonies en mémoire des victimes de janvier 2015. Ces phrases ont été vite oubliées suite à la mort de David Bowie. Elles disaient : « Pour ces ennemis, … il n’y a aucune explication qui vaille. Car expliquer, c’est déjà un peu excuser. Rien ne peut expliquer que l’on tue à des terrasses de café ». [1] Le premier ministre avait déjà mentionné qu’il « en avait assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications à ce qui s’est passé » (i.e. les attentats du 13 novembre).

Cette dernière phrase m’a particulièrement interpellée. En dehors des milieux les plus stigmatisants, nous devons aussi nous battre contre nous-mêmes dans les métiers de la relation d’aide pour ne pas juger les personnes, en particulier dans l’accompagnement des familles.

La recherche d’explication, car nous restons très en-deçà d’une quelconque vérité absolue, est une fonction de notre pensée qui appartient au domaine du questionnement scientifique ou philosophique. Elle est ici confondue avec la notion d’excuse, associée au jugement, ainsi qu'au pardon ou à la condamnation.

Quelle que soit par ailleurs la nécessité de la loi pour vivre ensemble, l'accompagnement thérapeutique nous apprend à chercher la cause des comportements parfois violents auxquels nous sommes confrontés.

Sinon à quoi servirions-nous ?

C’est la recherche des causes qui nous permet de proposer, dans l’ici et maintenant, des comportements éducatifs et psychoaffectifs qui, dans la relation avec le tout jeune enfant et avec les enfants devenus grands, vont nourrir un attachement sécure. Cet attachement sécure qui sera une des bases du développement de l’empathie, empathie corrélée à la présence d’ocytocine, cette hormone du lien que nous trouvons chez la mère du tout petit. Cette réflexion est à la base d'une prévention des violences sociales, car elle nous permet de penser aux entourages résilients, aux liens susceptibles de réparer un individu qui n’a pas eu cette possibilité de construction de base. Ces relations peuvent non seulement lui éviter de tomber dans la violence, mais parfois lui permettre même de développer un « surplus d’humanité » par rapport à d’autres personnes plus protégées. C’est le cadeau du traumatisme.

Epigénétique, attachement, résilience, éducation …

Parfois nous devrons nous arrêter au bord du gouffre, et admettre que nous n’avons pas encore trouvé. Surtout quand nous oublions que le faisceau d’explications, comme on parle d’un faisceau de preuves, est bien plus adapté à la complexité du réel qu’une explication unilatérale et déterministe. Certains chercheurs, ayant découvert quelque chose de souvent génial, pensent que c’est le passe-partout qui va donner la clé du monde et partent en croisade avec comme étendard leur idée « prouvée scientifiquement ».

Les passionnantes neurosciences, la biologie et l’éthologie, les toutes aussi passionnantes sciences humaines, sociologie, psychologie, philosophie, anthropologie sociale et religieuse … nous expliquent une petite partie du réel.

Quinze pour cent ? Vingt pour cent ?

Pour le reste, nous devons apprendre à vivre avec le mystère.

Et toujours chercher à expliquer et à comprendre.

Parfois ce sera l'art qui aura le dernier mot.

Ainsi, dans le beau livre « Nous rêvions juste de liberté » [2], le héros constate :

« Quand le juge m’a demandé pourquoi j’avais toute cette violence en moi … J’aurais bien voulu dire que c’était parce que mes parents étaient une belle paire de salauds tortionnaires … mais c’était même pas vrai … Non, si j’avais toute cette violence à l’intérieur, c’est peut-être simplement parce qu’il y avait la place ».

 

 

 

Pire que les piloris modernes ?

Pire que les piloris modernes ?

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