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The Revenant : Une thérapie psychocorporelle au cinéma !

par Marie-José Sibille

publié dans La psychothérapie - de quoi ça parle

The Revenant : Une thérapie psychocorporelle au cinéma !

 

"The Revenant", ce sont deux heures 36 minutes de morts et renaissances, autrement appelées initiations, telles que peuvent les expérimenter les peuples premiers ... et les thérapeutes intégratifs dans mon genre. Et ce au moment où je lance la promotion d’un stage de thérapie psychocorporelle sur la Naissance, je ne peux que faire le lien et être inspirée !

Deux heures 36 minutes de combat contre soi-même, contre la fragilité de l'homme et la force de la Nature, à moins que ce ne soit l'inverse comme l'a fait remarquer l'acteur principal, Leonardo Di Caprio, dans son discours de remise des Oscars.

Ce film est une expérience sensorielle et émotionnelle qui permettra aux plus ouverts de réveiller des souvenirs enfouis, des mémoires de naissances et de morts, et aux plus blindés, peut-être, de s'interroger sur la puissance de la nature et sur l'essentiel de la vie.

J'ai lu les principales critiques avant de me risquer à écrire quelques lignes.

Les plagiats, paraît-il, à d'autres cinéastes. Cette histoire de plagiat me laisse souvent rêveuse. Il n'y en effet que sept notes de musique et 26 lettres dans notre alphabet. La terre, notre terre, n'est plus une Terra Incognita mais un espace trop tardivement découvert comme fini. Un grizzli reste un grizzli et les neiges éternelles sont ce qu'elles sont ... sauf qu'elles disparaissent à vue d'oeil. 

La créativité c'est donc avant tout un grand pouvoir de compostage, de digestion, de capacité à mettre en liens ou à les créer, ainsi que de mémoriser sans s'attacher, ni se noyer dans cette médiathèque infinie que peut devenir notre cerveau. Et parfois, un éclair de grâce. On a alors un artiste, un écrivain, un réalisateur, un acteur, un créateur. 

La véritable Terra Incognita du film c'est sa puissance sensorielle, ainsi que la plongée à l'intérieur du psychisme d'un homme qui ne pourra rien lâcher jusqu'au bout, par amour.

Le film propose aussi une réflexion, peut-être une de plus diront certains, mais jamais inutile, sur le racisme, l'exclusion, la haine de l'autre comme expression du manque d'estime de soi, ou simplement comme l'extension d'un instinct de survie "négempathique" que l'on peut trouver chez les vieux prédateurs en souffrance. Ces mammifères grincheux et sclérosés sentent qu'ils ne font plus partie de la course. Ils veulent faire plonger le monde avec eux dans leur dépression agressive. Il y en a beaucoup des comme ça, surtout chez les humains. Car même la femelle grizzli ne se bat que pour sauver ses petits, ce qu'est impuissant à ressentir le "méchant" du film.

Le réalisateur en fait trop, disent d'autres critiques. Ils ne sont pas rentrés dans la magie et ont vu à travers les effets spéciaux. Ouf, pas moi, j'ai marché à fond. Je me dis aussi que quiconque regarderait de l'extérieur une psychothérapie intégrative à médiation corporelle pourrait dire la même chose : "Hystérie, régression, folie collective, débordement émotionnel, délire érotomaniaque, secte d'illuminés, manipulation collective ...", j'en passe et des meilleures, régulièrement reprises dans les écrits rationalistes et les médias à sensation, qui n’ont que peu accès aux états modifiés de conscience et aux mondes parallèles autrement que par des substances psychotropes. D’autres riraient bien fort, comme dans les films comiques où sont montrées des scènes caricaturales de thérapie de groupe. Et pourtant. La profondeur des expériences que j'ai vécues dans ces groupes, que ce soit dans mon apprentissage ou dans mon travail d'animatrice, a très peu d'équivalents.

Et ces équivalents en terme de sensorialité sont tous liés à des évènements bien plus importants de ma vie : la naissance et à la mort, l'arrivée d'un enfant et le deuil de quelqu'un de proche, la douleur et la guérison, la nature profonde et l'amour solide.

Alors, si vous le pouvez, laissez de côté votre sens critique, il reviendra très vite. Plongez dans ce film comme vous plongeriez dans une tempête de neige au milieux des grands pins, dans un gouffre perdu dans la montagne, dans un fleuve immense aux infinies cascades, dans les griffes d'une ourse en colère, dans la haine d'un rival jaloux, dans l'amour d'une femme et d'un enfant.

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Zootopie, l'humanité telle qu'on la rêve ? Zootopie, un hymne à la biodiversité.

par Marie-José Sibille

publié dans Livres et films pour enfants ... intérieurs

Zootopie, l'humanité telle qu'on la rêve ?

Zootopie, un hymne à la biodiversité.

 

Ne me dites pas que vous n'avez pas besoin de rêver et de rire un peu dans ce monde de brutes. Le film "Zootopie" en est l'occasion idéale.

Disons d'abord que ce dessin animé n'est pas adapté aux enfants trop petits, je dirai à partir de sept ans minimum. Un petit garçon à côté de moi, 5/6 ans, a eu très peur des prédateurs (et j'ai moi-même sursauté au moins une fois, mais bon il faut que j'arrive à surmonter ça ...).

Mais c'est un petit chef-d'oeuvre de plus, dans la grande lignée de tout ce que nous réservent les studios d'animation depuis une dizaine d'années.

Zootopie, c'est un monde où tous les mammifères, prédateurs et proies, ont appris à vivre ensemble (apparemment en devenant tous végétariens ...). Mais cette société idéale est malgré tout une société de castes, de classes et de genres, où les lapines et les brebis ont intêrêt à rester dans leur pré carré à compter leurs carottes, et, en ce qui concerne la brebis, à tout prendre en charge pour son lion de patron. Ces deux femmes dynamiques vont sortir de leur case réservée, je ne vous dis pas comment, de même qu'un renard va transcender une maucaise réputation ancrée en lui depuis le harcèlement scolaire dont il a été victime dans son enfance.

De nombreux sujets d'actualité sont abordés dans ce dessin animé, le vivre ensemble dans la multiplicité, le racisme, le sexisme, l'exclusion, les dérives de la science et de la société de consommation. Et le message est humaniste tout en nous rappelant que nous sommes aussi des animaux, et qu'à force de détruire et d'exploiter la nature, elle finira bien par nous le rendre un jour, malgré sa sainte patience ...

Mais au-delà de ça, c'est un petit bijou de créativité et d'allusions cinématographiques ou sociétales incompréhensibles pour les enfants, même si cela les fait rire. Le yack baba cool méditant et son éléphante gourou sont par exemple très bien vus, parmi tant d'autres.

Cette zootopie où la ville et la nature s'entremêlent pour accueillir et faire vivre chacun à sa hauteur et selon ses besoins, risque de rester une utopie pour encore longtemps.

Mais le rire aide aussi à apprendre et à transformer.

Et de ce point de vue là, c'est une grande réussite.

 

                               

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