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Tous ces rires et ces câlins ! Mon corps de femme et moi, retour du stage de mai 2019. Première partie.

par Marie-José Sibille

publié dans Alterégales , Ecothérapie , La psychothérapie - de quoi ça parle , Le métier de Psychothérapeute , STAGE

Tous ces rires et ces câlins !

Mon corps de femme et moi 

Retour du stage de mai 2019

Première partie

 

C’est un moment de mon année professionnelle que j’aime particulièrement, le stage d’Ecothérapie intégrative du mois de mai. 

Je l’anime depuis plus de 25 ans, il a donc bénéficié de toutes mes formations, de toutes mes évolutions, de toutes mes blessures aussi, et la maturité des participant.es fait écho à ce chemin d’intégration. Participantes seulement cette année, où le stage était dédié au corps des femmes. 

Plus de la moitié du groupe était composé de psychothérapeutes et thérapeutes. Je les remercie de leur confiance et de leur engagement dans une forme de travail parfois nouveau pour elles.

Je vous partage ici quelques retours ainsi que trois photos. Vous pouvez rencontrer sur Toulouse Sampey Patenon et Séverine Sucra, les deux thérapeutes qui m’ont assistée. 

Dans la deuxième partie de l’article, que vous pourrez lire demain soir, vous découvrirez les photos des « silhouettes », création centrale du stage de cette année, ainsi qu’une réflexion sur le travail qui s’effectue dans ce type de stage. Un article où je développerai les différentes approches thérapeutiques utilisées.

 

Extraits de témoignages :

 

  • C’est la première fois que je vis un groupe aussi puissant, aussi ressourçant aussi. C’est tellement loin de ces groupes techniques et intellectuelsqui parlent des émotions et du corps surtout sans y toucher ! 
  • J’ai beaucoup aimé la force transformatrice des rituels et le contact avec la nature.
  • J’ai moins peur de mes blessures.  Je ressens une paix intérieure. Je me sentais en lien avec ma mère symbolique, les vagues, l’ondulation, le bien-être.  Je suis frappée par la puissance qui se dégage de ma peinture.
  • Ce groupe m’a apporté l’autorisation de souffrir. Je ne m’autorisais pas à sentir la souffrance car je n’en connaissais pas l’origine qui me faisait très peur. J’ai pu cette fois-ci pleinement l’accueillir. Et là j’ai compris la dissociation, j’ai senti son utilité : ne plus avoir mal. J’ai pu vivre le moment où la dissociation se met en place.
  • Je veux te remercier d'avoir organisé ce stage en y mettant autant de cadrerassurant et travaillant que d'harmoniejoyeuse et respirante. 
  • J’ai transformé la photo de moi que je n’aimais pas (un des expérientiels consistait à travailler sur des photos de soi), j’ai fait plein de choses positives avec. J’ai rajouté plusieurs couches de transformationsur ma peinture. Dans les expérientiels préparatoires au stage, j’ai beaucoup travaillé sur la projection sur la femme que je voudrais être (collage). 
  • Mon passé est dans le dos. J’ai trouvé ce qui me manquait depuis toujours, des femmes qui m’entourent.J’avais besoin de bras, je trouvais ceux des hommes. Ce groupe est une belle réussite grâce au soutien enveloppant des femmes. 
  • Au stage de l’année dernière (sur l’Enfant Intérieur) j’avais dit que je me sentais plus capable de faire des choses, de m’exprimer, de décider. Je suis passée par-dessus l’expression que j’ai entendu toute mon enfance « tu ne vas pas y arriver », et j’ai concrétisé cela dans ma vie professionnelle. Et là j’ai fait une sportive ! Je serai une athlète de haut niveau dans une prochaine vie ! La petite fille, le rose, c’est le lien avec un souvenir positif de l’enfance, le tour de France avec papa. Je me lance, je pars du stage avec un mouvement.
  • Le groupe est formidable, regarder vers soi est plus compliqué. On ne peut pas être précise avec la peinture, cela m’a dérangée, car j’aime contrôler. Je ne sais pas encore quoi faire avec tout ce que j’ai ressenti. Merci beaucoup pour cette belle énergie et pour le soutien.
  • Je suis agréablement surprise de ce que j’ai produit. Dans l’endroit où je vivais petite je rêvais de campagne et de fleurs. J’ai besoin de sentir la peinture sur mes doigts. J’ai besoin de toucher la matière, je me sens dedans. Je me trouve extrêmement fémininedans ma silhouette. Et à la fois je me suis mise des peintures de guerre et les yeux ouverts. Je vais de la violence à la joie.
  • J’ai réalisé à quel point je ne connaissais pas mon corps ! J’ai été surprise par ses réactions de plaisir, en particulier dans le « défilé de mode », tant de joie partagéec’était génial ! J’ai réalisé aussi la force du corps féminin, tellement sollicité, et tellement endurant ...
  • Je ressens de plus en plus de confianceà chaque stage. 
  • Je trouve ce stage très puissantet j’adhère complétement à ma silhouette, je sais ce que j’ai mis dedans. Je me sens faire partie d’un tout, je ressens ce qu’est l’amour universel. Je me sens enracinée. J’ai atténué ma douleur. Je me sens paisible. Dans ma peinture, de la force rayonne de ma partie douloureuse. J’ai avancé, j’ai retrouvé l’espoir. Je m’accepte mieux.Hier semble loin.
  • Je m’autorise enfin à me dire artistealors que je me suis toujours interdit cela ! C’est possible de mettre toute la merveille qui m’entoure dans mes créations. Avec tout le travail de ce week-end j’y suis arrivée. Ce groupe de femmes, c’est vraiment essentiel et cela me met en joie.

 

 

Différents niveaux relationnels agissant : Le groupe, les couples, les thérapeutes assistantes, Sampey et Séverine, leurs sites dans l'article.
Différents niveaux relationnels agissant : Le groupe, les couples, les thérapeutes assistantes, Sampey et Séverine, leurs sites dans l'article.Différents niveaux relationnels agissant : Le groupe, les couples, les thérapeutes assistantes, Sampey et Séverine, leurs sites dans l'article.

Différents niveaux relationnels agissant : Le groupe, les couples, les thérapeutes assistantes, Sampey et Séverine, leurs sites dans l'article.

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ENTRETENIR LE VIVANT, LE PLUS BEAU DES METIERS ? Billet d’humeur pour la revalorisation des tâches ménagères

par Marie-José Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre ! , Le quotidien c'est pas banal , On peut choisir sa famille

ENTRETENIR LE VIVANT, LE PLUS BEAU DES METIERS ?

Billet d’humeur pour la revalorisation des tâches ménagères

 

Hier soir je rentre d’une journée de travail bien remplie, épanouissante, valorisante ... et épuisante. Je ne rêve que d’une chose : m’écrouler sur le canapé avec une bière devant la coupe du monde de foot féminine.

Or je me retrouve à devoir imaginer un repas « vite fait » avec ce que les mulots nous ont laissé à manger. On ne veut pas les tuer, on a vu « Ratatouille », et on les attrape dans des pièges - il faut donc les nourrir - pour aller les relâcher dans la nature - il faut donc les transporter - ça nous fait donc au dernier recensement 1394 enfants supplémentaires dont il faut prendre soin ... 

Je pourrais compter sur mon environnement familial, mais mes ados préférés passent des examens qui les stressent ou profitent du soleil enfin là. Bien que formés à l’entretien du monde depuis un moment – vous en connaissez beaucoup des garçons qui font leur lessive tous seuls depuis l’âge de 12 ans ? – ils n’en sont pas encore à anticiper et prendre en charge la famille, heureusement ...

Quant à mon compagnon il est pris entre une panne d'électricité généralisée et un débouchage d’évier récalcitrant. 

Sans électricité, impossible de voir la coupe du monde de foot féminine ! Et on se retrouve à devoir allumer la cuisinière à bois le seul jour depuis un mois où on peut se passer du poêle parce qu’il fait enfin beau. On crève de chaud le temps de cuire des crêpes (bios) où l’on fourre tout ce qui nous tombe sous la main. 

Mais la bière est encore fraîche et les Pyrénées valent mieux que tous les écrans, vive les pannes !

 

Je rêve d’une société où la tâche qui consiste à entretenir le monde et le vivant, à nourrir et faire grandir, à prendre soin des lieux et des êtres, cette (multi-)tâche-là serait considérée comme essentielle – ce qu’elle est – et valorisée à sa juste hauteur, à savoir le sommet de la pyramide. 

Or dans notre société patriarcale et globalement machiste, y compris chez trop de femmes, nous payons tous les jours, et la planète aussi, une échelle de valeur et de pouvoir délirante. 

Dans ce monde-là, le nôtre, ces tâches sont dévolues : 

  • Soit aux femmes au foyer qui aiment encore ça malgré la dévalorisation sociétale, féministe et financière, malgré le risque aussi de se retrouver le bec dans l’eau de vaisselle en cas de divorce.  Sans compter la dépression du nid vide quand les enfants s’en vont, et le fait d’être assimilées à des bêtes de somme incapables de pensée et de créativité.
  • Soit aux adeptes féminines de politiques extrêmes ou conservatrices qui rêvent d’un retour aux bonnes vieilles valeurs où chacun et surtout chacune est à la place que le chef a décidé sans pouvoir en sortir. 
  • Soit à des personnes souvent – pas toujours – sous-payées et surexploitées qui de toutes façons, sauf chez les richissimes ou les esclavagistes, ne peuvent pas être là 24h/24h pour prendre soin de nous.

 

Alors féministe assumée et engagée que je suis pour de multiples raisons, écologiste de plus en plus radicale et sociétalement d’accord avec toutes les valeurs humanistes depuis l’éternel combat pour l’émancipation du corps des femmes jusqu’au mariage pour tou.te.s et aux monnaies locales, je voudrais que l’on nomme ce  plancher de terre qui fait miroir au plafond de verre  que les hommes mettent au-dessus de la tête des femmes ambitieuses pour les empêcher de prendre leur place, menacés qu’ils se sentent par leur existence ... 

Ce plancher de terre, même quand il est nommé comme essentiel pour l’égalité des sexes reste toujours dévalorisé, considéré comme incompatible avec l’émancipation, la créativité, la pensée même ! 

Entretenir la maison - et la grande maison qu’est notre planète - reste une corvée, c’est-à-dire « un travail gratuit que les serfs devaient au seigneur », obligation abolie en théorie dans la nuit du 4 août 1789 nous dit l’incontournable dictionnaire historique de la langue française. 

Or c’est ce plancher de terre qui nous permet de garder les pieds au sol, ce qui n’a jamais empêché, au contraire, d’avoir la tête dans les nuages, regardez les arbres. Il nous enracine dans les besoins du vivant, qui sont nombreux et totalement oubliés aujourd’hui par des hommes – et des femmes – qui ont toujours eu des grands-mères, des mères, des domestiques, des esclaves pour prendre soin d’eux sans qu’ils aient même à y penser une seconde.

Leur assiette était toujours remplie, leur lit fait, leur chauffeur à la porte, comme si Mary Poppins était passée par là pendant la nuit, une Mary Poppins ne songeant qu’à servir et pas à éduquer à l’autonomie. Et après les femmes de leur famille, des hordes de nounous ont pris la relève pour biberonner et torcher leurs bébés, pour qu’ils soient bien propres et nourris pour le câlin du soir ou de la semaine ... Et des jardiniers aussi, mieux payés que les nounous, pour prendre soin de leur petit ou immense coin de vivant privatisé. 

Ce sont trop de gens comme cela qui dirigent le monde, le résultat est désastreux, suicidaire, findumondiste.

Revaloriser les tâches de l’entretien du vivant, bêtement nommées « tâches ménagères », cela veut dire d’abord les dé-genrer, c’est-à-dire arrêter de les attribuer au sexe féminin qui les accomplit "naturellement", en plus du reste, aussi simple que de respirer. Encore hier dans un club de sport local qui fêtait la fin de l’année, la soirée « crêpes des mamans » affichait complet ... Combien de siècles d’évolution pour voir afficher « crêpes des parents » ou simplement « crêpes » ? 

De plus en plus d’hommes conscients et sensibles se préoccupent de balayer le plancher de terre et d’y planter des graines de toutes sortes. Dans les familles alternatives, zéro déchet, jardin partagé et autres éducations créatives, ces tâches prennent encore plus de temps que par le passé. Tellement plus simple de faire un drive avec 150 emballages à recycler par semaine, et je ne juge personne, je suis trop confrontée à ces pressions quotidiennes.

Il faut aussi revaloriser ces tâches financièrement, tant que l’argent existe et reste un indicateur de valeur fort. Une société où un vieil homme blanc (autres couleurs acceptées et répandues) touche des millions d’euros pour vendre des armes ou exploiter des entreprises de déforestation massive, pendant que la personne qui prend soin des petits et des anciens, qui s’occupe de la cuisine et du ménage s’épuise au quotidien avec parfois à peine de quoi à survivre, cette société-là est tout simplement et complètement perverse.

Perverse au sens étymologique du terme qui signifie « mettre sens dessus dessous », du plafond jusqu’au plancher !

Ratatouille(s) les faux et le vrai, nourri comme vous le voyez à la farine bio, qu'il avait repéré avant bocal ...Ratatouille(s) les faux et le vrai, nourri comme vous le voyez à la farine bio, qu'il avait repéré avant bocal ...

Ratatouille(s) les faux et le vrai, nourri comme vous le voyez à la farine bio, qu'il avait repéré avant bocal ...

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