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Y'a plus d'oiseaux dans mon jardin ...

par Marie-José Sibille

publié dans Cette société - c'est la notre ! , Le quotidien c'est pas banal , Malheureusement tout est vrai ! , Heureusement il y a des gentils ...

Y'a plus d'oiseaux dans mon jardin ...

Y'a plus d'oiseaux dans mon jardin ...

Pour ceux qui doutent encore

Ce bel arbre, un Plaqueminier porteur de pommes d'or, les kakis, sert de garde-manger aux oiseaux de mon coin de nature dès la chute des feuilles jusqu'au plein coeur de l'hiver, tant ses fruits sont résistants et même nécessitent le gel pour devenir meilleurs. Depuis toujours me semble-t-il je nourris mon âme du chant des oiseaux très variés qui se régalent de ces boules oranges de la fin d'automne au début de d'hiver. Mes parents avaient recensé depuis les années 80 les dizaines d'oiseaux différents qui passaient chez nous ou s'y installaient. Nous cochions donc la case de la si belle sittelle torchepot comme celle du troglodyte, du chardonneret, de la bergeronette  ou du sympathique rouge-gorge. Nous avions déjà noté la chute de fréquentation l'année dernière. Mais cette année, plus d'oiseaux sur l'arbre déserté. Nous réapprovisionnons la mangeoire en boules de graisse et graines tous les deux jours de novembre à mars. Là cela fait deux semaines, date des premiers froids, que les mêmes boules sont dans la mangeoire, mangées tout au plus à moitié. 

Le temps n'est plus à la passivité me semble-t-il, pour celles et ceux qui ont conscience. C'est vrai qu'il est dur de résister à la destructivité, cette forme de violence généralisée, quotidienne, souvent insidieuse, à l'approche invisible. Une forme de violence qui facilite chez nous le déni, car on veut la croire lointaine alors qu'elle nous paralyse déjà. Et puis l'ennemi nous dépasse tellement en puissance que tel un enfant face à un adulte fou furieux nous nous tétanisons et nous dépêchons d'oublier. Juste pour pouvoir continuer à vivre. 

Je guette les oiseaux avec une anxiété grandissante. Je suis heureuse quand je me réveille à l'aube d'entendre les chouettes s'appeler dans la forêt. Je me réjouis plus que de raison des corbeaux résistants et des corneilles en rage, même si j'ai toujours bien aimé le son de leur voix rauque. J'ai entendu le passage des grues en leur souhaitant d'échapper aux plombs, petits grains de violence très toxiques et aux trajectoires  aléatoires, les mêmes qui ont eu raison de mon chien l'année dernière.

Je bois chaque note du chant d'un égaré. 

Il sera bien temps de s'effondrer quand les possibilités de résilience auront disparu, si elles disparaissent. A chacune et chacun son petit bout de résistance, chacun et chacune son coin de nature à préserver. J'ai le mien. Il est attaqué de toutes parts. Il me demandera des choix peut-être plus radicaux que ceux que j'avais envisagés jusqu'ici. Peut-être.

Kakis trop parfaits, mangeoire abandonnée.Kakis trop parfaits, mangeoire abandonnée.
Kakis trop parfaits, mangeoire abandonnée.

Kakis trop parfaits, mangeoire abandonnée.

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Zorzan Jean Luc 03/12/2018 18:37

Seuls les gens insensibles à la nature continuent à douter ( sans foutre ) !
Le problème c'est qu'ils sont légion !!!